Londres (Grande-Bretagne)

Vermeer en version symphonique

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 22 août 2013 - 346 mots

Il faut toujours se méfier des titres des expositions. À lire celui de la National Gallery consacré à Vermeer et la musique, « L’art de l’amour et du loisir », on pourrait penser voir plus de trois tableaux du maître.

En fait, l’exposition londonienne ne lui est pas exclusivement dédiée. Aux côtés des trois tableaux de Vermeer exposés – les deux de la National Gallery elle-même, Jeune Femme debout à l’épinette et Jeune Femme assise à l’épinette, auxquels s’ajoute La Joueuse de guitare de la Kenwood House –, figurent également des œuvres de Gerard Ter Borch, Gabriel Metsu, Jan Steen, Pieter De Hooch et Godfried Schalcken. C’est que cette exposition repose sur l’idée de faire valoir ce qu’il en a été du rôle de la musique à une époque et dans un pays donnés.

Pour Vermeer, le thème de la musique est bienfaisant, comme l’atteste l’inscription latine sur le couvercle du virginal de La Leçon de musique : « La musique est compagne de la joie et médecine des douleurs. » S’il semble que ce soit là l’objectif qu’il s’était du moins donné en peinture, force est de constater que la musique est le vecteur par lequel lui et ses semblables expriment sur le mode symbolique soit le talent de leur modèle, soit l’idée d’une harmonie, un rang social, voire le caractère éphémère de la vie.

Épinette, flûte, luth, guitare, virginal, l’exposition de Londres décline tout un monde d’instruments de musique, qui témoigne non seulement de la solide connaissance des artistes en ce domaine, mais d’une précision raffinée dans la façon de le traduire. La science de ces peintres à restituer la vérité du sujet qu’ils traitent contribue à charger leurs tableaux de musique d’une rare puissance d’évocation sonore. Le choix des couleurs, leur timbre, leur lumineuse capacité à diffuser anticipent les paroles de Kandinsky sur leur rapport aux sons. Aussi le terme de « composition » trouve-t-il ici toute sa plénitude sémantique.

Infos pratiques

« Vermeer et la musique. L’art de l’amour et du loisir », jusqu’au 8 septembre 2013, National Gallery, Trafalgar Square, Londres, www.nationalgallery.org.uk

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°660 du 1 septembre 2013, avec le titre suivant : Vermeer en version symphonique

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