Art contemporain

Montpellier (34)

Valie Export

Pavillon populaire - Jusqu’au 12 janvier 2020

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 21 novembre 2019 - 340 mots

Une jeune femme à l’allure punk, blouson de cuir et cheveux hirsutes, photographiée assise jambes écartées, une mitraillette à la main, son jean lacéré à l’entrejambe laissant apparaître ses poils pubiens.

C’est par cette image que Valie Export fait irruption dans l’histoire de l’art en 1969, au chapitre des artistes militantes. Cette performance, intitulée Action/pantalon : panique génitale, fait suite à une autre, non moins provocante, réalisée un an avant à Munich, lors d’une rencontre européenne des cinéastes indépendants. Valie Export avait enfilé son buste nu dans une boîte en carton fermée par un rideau. Les passants étaient alors invités à venir toucher, durant trente-trois secondes, les seins de l’artiste pour y vivre l’expérience du « cinéma du réel ». Dans ce Cinéma du toucher, la bande du film était ainsi remplacée par la peau de l’artiste. Cette performance a été filmée ; on y voit les passants interloqués se prêter au jeu. Photographie, vidéo… : ses œuvres ont donné l’idée au Pavillon populaire, le centre de photographie de Montpellier, de présenter une exposition dédiée à la pratique de l’image, fixe ou animée, chez Valie Export (née en 1940, à Linz). Bonne idée, tant l’artiste autrichienne est plus connue pour ses expériences de body art que pour sa pratique de l’image. Plus qu’un simple moyen de médiation et de documentation, l’image est en effet chez Valie Export un objet d’expression et d’expérimentations. En 1972, elle découpe ainsi un train en cinq images pour le reconstituer ensuite sur un mur. Dans cette approche inspirée des panoramas des XIXe siècle, l’artiste fait l’expérience de la multiplicité des points de fuite, et donc de l’espace, ainsi que la réunion de plusieurs « temps » dans une seule image, deux sujets propres aux photographes dits conceptuels. À Montpellier, l’exposition « Expanded Arts » (arts élargis) est doublement « juste » : juste dans son propos, tant l’image est centrale dans le travail de Valie Export, mais aussi (trop) juste dans son développement, tant l’exposition manque d’œuvres et de pédagogie sur une artiste contemporaine réputée difficile. L’exposition ne fait qu’effleurer l’artiste. C’est dommage.

« Valie Export, Expanded Arts »,
Pavillon populaire, esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier (34), www.montpellier.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°729 du 1 décembre 2019, avec le titre suivant : Valie Export

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