La Châtre (36), Éguzon (36), Guéret (23), Limoges (87)

Une colonie de peintres entre Creuse et Vienne

Musée-Château d’Ars, Musée de la vallée de la Creuse, Musée d’art et d’archéologie, Musée des beaux-arts Jusqu’aux 2 octobre, 25 septembre, 18 septembre et 19 septembre 2016

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 24 juin 2016 - 315 mots

À l’origine de cet engouement, on trouve les mots de George Sand et la sensibilité de Théodore Rousseau. L’âpreté des sites et la diaprure des saisons qui amplifie leur séduction les avait attirés dans cet endroit. Puis la présence de Maurice Rollinat, le bref et décisif passage de Monet, la stature de Guillaumin firent de la vallée de la Creuse un sujet esthétique exclusif.

Le chemin de fer, le chevalet pliable et les tubes Lefranc inciteront, à partir de 1860 et pendant une cinquantaine d’années, des générations de peintres à décliner le thème de ses rives. Chacun voulait peindre « sa » Creuse. Si, au Salon de 1864, on mentionnait l’école de Crozant, on parle plutôt maintenant d’une colonie d’artistes. Cette seconde édition, fédérant quatre musées et un grand nombre d’institutions, met à nouveau en valeur la spécificité d’un territoire qui efface ses limites administratives et établit son identité sur une unité culturelle. Heureuse initiative qui associe deux régions aux enjeux communs, le Berry et le Limousin. Le choix des quatre peintres exposés rappelle combien le mouvement du pleinairisme s’est déployé ici avec bonheur. S’étant sans doute croisés vers 1908 chez la mère Lépinat, exploitant l’inédit des points de vue et l’insolite de la végétation, ils travaillent seulement sur le motif afin de rendre « la nature en vrai » ! Leurs itinéraires artistiques sont présentés de façon à la fois thématique et chronologique, facilitant ainsi les comparaisons entre les périodes et les œuvres. De l’académisme initial à l’impressionnisme et aux incursions vers le fauvisme, les parcours se révèlent assez similaires. En revanche, les approches des lieux divergent. Venu de Suède, Österlind allie paysages et scènes de genre ; Alluaud défend une palette éclectique ; Smith célèbre les contrastes de couleurs tandis que Bichet en recherche les harmonies. Sur ces petits maîtres, le regard est neuf. Il découvre que, par plus d’un aspect, ils se hissent souvent au niveau des grands.

Itinérances artistiques, Allan Österlind, Charles Bichet, Eugène Alluaud, Alfred Smith

www.valleedespeintres.com/

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°692 du 1 juillet 2016, avec le titre suivant : Une colonie de peintres entre Creuse et Vienne

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