Mardi 18 décembre 2018

Un peu plus près des étoiles

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 2 novembre 2007 - 375 mots

L’espace et le ciel constituent le prochain enjeu planétaire, la prochaine conquête, une future ruée vers l’or. Même si les scientifiques ont beau progresser tous les jours dans leur connaissance de l’univers, lui définir des limites, on s’évertue à croire à son infinitude et à son mystère. Ne vient-on pas de découvrir un espace vide aux confins d’une galaxie, un phénomène encore totalement inexpliqué !
Si l’on pense immédiatement à la science-fiction, elle n’est pas l’unique centre d’intérêt de l’exposition du Mac/Val. À travers cette histoire du ciel, c’est bien l’histoire des terriens et leurs aspirations qui se dessinent à partir de la soixantaine d’œuvres rassemblées ici. Constellations, territoires inconnus, représentations lunaires, lectures pseudo-scientifiques et décalées se côtoient. On revoit ainsi avec plaisir l’image de Claude Closky, Soucoupe volante, délicieuse supercherie visible à l’œil nu. Plus loin, c’est la carte cosmogonique que Renaud Auguste-Dormeuil a établie à partir d’une carte du ciel la veille du bombardement d’Hiroshima. The Day Before mélange avec finesse les questions de stratégies militaires et de prédictions ancestrales et nous rappelle que d’en haut, Big Brother et ses satellites gardent un œil sur nous.
L’exposition alterne avec bonheur la froideur des univers de science-fiction remixés par des trentenaires bercés à coups de 2001 : L’Odyssée de l’espace, film de Kubrick sorti en 1968, avec la distance ironique de leurs aînés. Si le contingent des artistes français est majoritaire parmi la quarantaine de noms conviés, la sélection est émaillée par les travaux des Britanniques Guy Allot, Jane et Louise Wilson, Mark Wallinger ou encore de Bridget Smith et démontre que la problématique n’est pas hexagonale.
Derrière ces regards tournés vers le ciel, se dessinent des problématiques moins indicielles que celle de la fantasmagorie d’anticipation. L’exposition aborde la question de la colonisation, du besoin culturel de conquête et de contrôle. Le vide panique, l’inconnu fascine, ils doivent être maîtrisés. Le ciel fait un espace de projection idéal. D’ailleurs, avec un sens de la ponctualité facétieux, l’exposition a ouvert le 4 octobre dernier, jour anniversaire du lancement du Spoutnik à Baïkonour. Cinquante ans plus tard, cela ressemblerait presque à une mise en garde.

« Stardust ou la dernière frontière », Mac/Val, place de la Libération, Vitry (94), tél. 01 44 96 32 17, www.macval.fr, jusqu’au 13 janvier 2008.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°596 du 1 novembre 2007, avec le titre suivant : Un peu plus près des étoiles

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