Jeudi 20 septembre 2018

Un « Man Ray » maladroit et désordonné

L'ŒIL

Le 23 avril 2008 - 315 mots

Man Ray (1890-1976) est actuellement sur tous les fronts muséaux. Alors qu’il s’expose seul dans le cadre d’une rétrospective à la Pinacothèque de Paris, on peut également le voir en compagnie de ses deux acolytes – Duchamp et Picabia – à la Tate Modern de Londres ainsi que Passage de Retz à Paris (lire L’œil n° 601).

À la Pinacothèque, le fonds Man Ray Trust rassemble environ deux cent cinquante créations – photos, lithographies, sculptures, collages, objets « détournés » – pour dévoiler l’œuvre protéiforme d’un artiste façonné par le dadaïsme et le surréalisme. Le parcours suit les quatre étapes parisiennes et américaines de sa carrière. New York où il rencontra Picabia et Duchamp. Paris qui le reconnut comme un artiste à part entière.
Quelques œuvres mythiques se suivent, Le Violon d’Ingres en lithographie couleurs, la photo Noire et Blanche représentant la tête de Kiki près d’un masque africain, son Autoportrait à la main rouge. Viennent ensuite une série de photos de célébrités – elles furent nombreuses à passer devant son objectif – qui l’ont fait connaître, dont un profil de Picasso, étonnant. De sa collaboration avec son ami Duchamp, on nous propose la photo de Nu descendant l’escalier, parallèlement à celle représentant le groupe surréaliste auquel il a collaboré. Un témoignage un peu court.
Quelques œuvres inédites sont exposées pour la première fois depuis la mort de Man Ray. On y découvre aussi des objets personnels provenant de son atelier parisien et ceux qui furent à la source de ses créations.
Point de pièces mémorables cependant dans cet accrochage maladroit et désordonné – mais assez bien documenté – pour une rétrospective qui n’est pas à la hauteur de son ambition. Il faut donc traverser la Manche pour admirer une œuvre pléthorique, d’une qualité exceptionnelle, scénographiée il est vrai de façon assez académique. Des hommages inégaux mais nombreux auxquels Man Ray n’aurait pas été indifférent.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°602 du 1 mai 2008, avec le titre suivant : Un « Man Ray » maladroit et désordonné

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