Vendredi 19 octobre 2018

La critique

Un arbre peut cacher une forêt de hors sujet

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 22 mars 2013 - 261 mots

Lorsque l’on découvre un titre comme celui choisi par le Collège des Bernardins pour son exposition thématique, « L’Arbre de vie » (jusqu’au 28 juillet 2013), on peut craindre que s’y applique le principe du « plus petit dénominateur commun ».

Il s’agit là du premier degré de l’exercice visant à rassembler ce qui ressemble ou évoque, de près ou de loin, l’arbre. Heureusement, les commissaires Alain Berland et Gaël Charbaud ont eu le bon goût d’éviter cela aux visiteurs et de privilégier des « interprétations libres ». Ce qui n’empêche pas le spectateur d’être frappé d’incrédulité lorsqu’il arpente la nef ou la sacristie des Bernardins, tant le fil tendu entre les œuvres se distend rapidement. Certaines œuvres sont indéniablement dans le ton comme cette escouade de balais de sorgho dont les fanes poussent avec une ardeur touchante (Michel Blazy), les assemblages de chutes de bois de Donelle Woolford, la vidéo hypnotique d’Ismaïl Bahri ou encore un cube de mousses synthétiques microscopiques confondantes de naturel (Émilie Benoist). D’autres, en revanche, laissent davantage circonspect, à l’instar du mobile de Didier Mencoboni ou de la « météorite » de Clémence Seilles. Quant à l’extension dans le jardin présentant des nichoirs à oiseaux, initiative de l’artiste Mathieu Mercier dans le cadre d’une invitation lancée à une quinzaine de ses confrères, on frise là l’anecdote. On attendra donc le second volet qui s’ouvrira le 19 avril prochain pour être davantage convaincu par cette exposition au titre si évocateur, mais aux conclusions visuelles souvent hors sujet et à un accrochage qui manque vraiment de vie !

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°656 du 1 avril 2013, avec le titre suivant : Un arbre peut cacher une forêt de hors sujet

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