Vendredi 23 octobre 2020

Mode

Lyon (69)

Tout Westwood

Musée des tissus - Jusqu’au 17 janvier 2021

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 23 septembre 2020 - 342 mots

Pour cette première exposition en France de l’icône subversive de la mode, Vivienne Westwood, la riche collection de Lee Price, ex-collaborateur de la styliste, entre en dialogue avec les œuvres du Musée des tissus de Lyon, dont la vocation est d’être au croisement de différentes esthétiques culturelles : le textile, la mode, les arts décoratifs.

L’exposition propose tout d’abord un regard sur sa période punk, la plus connue du public français. La scénographie reconstitue la façade de la boutique londonienne qui diffuse en 1971 des disques et des vêtements des années 1950 sous le nom de Let it Rock. Le groupe Sex Pistols, managé par son mari Malcolm Mc Lory, devient la vitrine idéale pour les créations de la styliste. Au fil des années, l’enseigne changera régulièrement de nom et de genre (l’univers des Bikers, etc.). C’est en 1974 que la boutique trouve son fameux nom, Sex, nouveau concept proposant des vêtements de latex et de cuir, des chaînes, des talons aiguilles inspirés des pratiques fétichistes. L’année 1977 marque un nouveau changement de style pour l’enseigne rebaptisée Seditionaries (séditions) avec des pièces mythiques, tels ces T-shirts imprimés du slogan Destroy. Au début des années 1980, Westwood se revendique créatrice de mode et réalise son premier défilé, Pirate. Cette collection lance un nouveau processus de création, l’historicisme, nourri de l’histoire et des cultures passées et contemporaines. Elle introduit le motif « squiggle », fait de méandres, qui rappelle le motif vermiculé des soieries du XVIIIe siècle. Elle transcende en objet sensuel et raffiné le corset, le décline en cuir doré ou l’égaye d’un tableau de Boucher. Elle revisite la toile de Jouy en la surimprimant de scènes de Blad Runner. Elle sait cependant s’affranchir des emprunts à l’Histoire en reprenant les motifs de Keith Haring pour sa collection Witches. Parallèlement, elle commence une exploration de la culture britannique et de ses stéréotypes – les tweeds et tartans modernisés sont les invités réguliers de ses collections. Aujourd’hui, à 80 ans, elle montre sur son compte Instagram qu’elle n’a rien perdu de son esprit provocant et libertaire.

« Vivienne Westwood. Art, mode et subversion »,
Musée des tissus, 34, rue de la Charité, Lyon (69), museedestissus.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°737 du 1 octobre 2020, avec le titre suivant : TOUT Westwood

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