Dimanche 19 janvier 2020

Tefaf, Maastricht

Tefaf 2011, toujours solide et éclectique

Du 18 au 28 mars

Par Roxana Azimi · L'ŒIL

Le 14 mars 2011 - 379 mots

Organisée du 18 au 27 mars, la Tefaf de Maastricht exige de ses visiteurs du souffle et du mollet. Car il faut un bilan de santé de marathonien pour parcourir les 260 stands, notamment les nouveaux secteurs créés ces dernières années comme Showcase, tremplin pour les jeunes marchands, la section design, mais aussi celle des œuvres sur papier.

Même si les chefs-d’œuvre sont de plus en plus rares, le niveau général reste solide, surtout du côté des tableaux anciens et des objets d’art.

Chaque année, un tableau est supposé créer l’événement. Après un Bébé joufflu peu convaincant de Van Gogh chez Dickinson, une Visitation de Laurent de la Hyre autrement plus appréciable chez Éric Coatalem, le projecteur se braque cette année sur un Portrait d’homme de Rembrandt présenté par la galerie Otto Naumann. Le tableau n’est pas de toute première fraîcheur. Il avait été acheté par le magnat des casinos Steve Wynn pour 20,2 millions de livres sterling en 2009 chez Christie’s. Ceux qui n’ont pas les moyens de payer les 47 millions de dollars exigés désormais par Otto Naumann peuvent se rabattre sur un talentueux élève du maître, Jan Lievens, dont la galerie Haboldt & Co propose un Portrait de vieillard.

Même si la peinture hollandaise constitue la colonne vertébrale du Salon, l’art italien n’est pas en reste, avec notamment un portrait d’homme très maniériste de Michele Tosini montré par Sarti. Bien qu’ostracisée au premier étage de la foire, la section Works on Paper regorge de trouvailles, avec une sélection de pièces de Gaston Chaissac chez Antoine Laurentin, les estampes de Tanakaya ou encore une très belle sanguine du Guerchin chez Artur Ramon. Il y a aussi matière à musarder sur le stand de Sophie Scheidecker, construit autour d’œuvres de Lucio Fontana et Yayoi Kusama dans la section Showcase.

Sur cette même plateforme, il faut s’arrêter sur le stand d’un marchand d’archéologie très prometteur, David Ghezelbash, lequel montre des objets entre 800 et 360  000 euros. Son confrère Yannick Durand, spécialisé en art précolombien, présente une sculpture épi-olmèque en pierre verte. On le voit, le menu de Maastricht est éclectique et roboratif. Mais la foire gagnerait à faire une cure d’amaigrissement sous peine de frôler l’indigestion.

Voir

« Tefaf, Maastricht (Pays-Bas) », www.tefaf.com, du 18 au 28 mars 2011.

Légende photo

Rembrandt, Portrait d’homme mains sur les hanches, 1658, huile sur toile, 107,4 x 87 cm, Otto Naumann gallery, New York.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°634 du 1 avril 2011, avec le titre suivant : Tefaf 2011, toujours solide et éclectique

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