Rueil-Malmaison (92). Jusqu’au 8 mars 2010

Tchin-tchin, Joséphine !

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 26 janvier 2010 - 420 mots

Trinquer avec Joséphine et l’empereur Napoléon. C’est ce que nous propose l’exposition « La cave de Joséphine » présentée au musée du château de Malmaison où Joséphine de Beauharnais vécut une partie de son temps pendant son mariage avec Napoléon Ier, et où elle s’installa définitivement après son divorce avec l’Empereur, jusqu’à sa mort en 1814.

Établi après le décès de l’impératrice, l’inventaire détaillé du contenu de la cave de la maison apporte de nombreux éclairages sur le train de vie luxueux de la demeure et sur l’histoire du vin au début du XIXe siècle. Bien que l’impératrice elle-même ne bût pas de vin, sa cave étonne par son importance en nombre de bouteilles (près de seize mille) et de barriques, par la remarquable qualité des crus et par la diversité géographique des provenances, signe de richesse.
 
L’inventaire répertorie les meilleurs crus bordelais et bourguignons, des vins méditerranéens au goût sucré et liquoreux très prisés sous l’Ancien Régime, des vins du Languedoc-Roussillon, des Côtes du Rhône et du Rhin, ainsi que des liqueurs et rhums des îles rappelant les origines de l’impératrice. Le vin rouge de Bordeaux, qui n’était pas encore à la mode, figurait déjà parmi les vins servis à table.

Soucieuse de charmer ses hôtes, Joséphine contribua à donner à la gastronomie française et à l’art de recevoir ses lettres de noblesse, dressant des tables sublimes, réputées pour leur raffinement. Les verres à eau, verres à champagne, verres à liqueur, verres à vins rouges, carafons, seaux à rafraîchir, rafraîchissoirs à verre, les bols à punch, en cristal et en orfèvrerie, marqués de la lettre « N » ou « J », illustrent le faste de sa table, à une époque où la toute récente classification des vins en fonction des mets imposait aux formes des verres une taille graduée et hiérarchisée.
 
Aussi, grâce aux progrès de l’industrie du verre, la commercialisation du vin s’accélère. Pour faciliter le stockage et le couchage, les bouteilles sont à présent cylindriques. L’étiquette, qui ne fera vraiment son apparition que dans les années 1830, prend souvent la forme d’un médaillon de porcelaine suspendu au goulot de la bouteille par une chaînette et ne comporte que de très laconiques indications. Souvent, les vins étaient servis en carafe, sans aucune mention. « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » (Alfred de Musset).

Voir

« La cave de Joséphine. Le vin sous l’Empire à Malmaison », Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, avenue du château-de-Malmaison, Rueil-Malmaison (92), 01 41 29 05 00, jusqu’au 8 mars 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°621 du 1 février 2010, avec le titre suivant : Tchin-tchin, Joséphine !

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