Samedi 7 décembre 2019

Art ancien

Bordeaux (33)

Tableaux à boire et à entendre

La Cité du vin - Jusqu’au 24 juin 2018

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 22 mai 2018 - 355 mots

S’inspirant l’une l’autre, souvent mises en parallèle, musique et peinture n’ont jusqu’alors jamais été reliées au vin et son cortège de réjouissances ou d’intempérance.

Tel un triptyque où l’ouïe, la vue et le goût se renvoient les rôles et se partagent la scène, cette exposition montre comment, depuis la Grèce antique jusqu’au XIXe siècle, ce trio joue une partition commune. Le fil conducteur est Dionysos, le Bacchus des Romains, le symbole de toutes les ivresses qui guide au long des six thématiques les pas des amateurs de l’un ou l’autre de ces sens ou pourquoi pas des trois à la fois. Assis sur sa panthère, il apparaît aussi bien sur un cratère de Paestum (370 av. J.-C.) que sur une bouteille en céramique de Nevers, une basse de viole de 1689 ou un bracelet conçu pour l’opéra Bacchus de Jules Massenet. Il préside aux canons de Rameau et aux chansons à boire populaires qui font lever les verres remplis de liquide pourpre des convives sur les toiles en pénombre de Honthorst. Bacchus triomphe à nouveau au bras d’Ariane avec Marin Marais et Lully. Bacchus encore anime Un festin de noce de village, « modello » exécuté à l’huile par Lancret pour l’appartement du roi à Fontainebleau, preuve que ce dieu païen et humaniste traverse toutes les cultures.

Intérêt majeur du parcours, de nombreuses œuvres se font écho et sont en harmonie visuelle et historique. Ainsi, posés sur des refrains bachiques, deux précieux instruments, une musette à clefs et un violon, identiques à ceux figurant sur une toile de Jean-Baptiste Oudry, plus connu pour ses animaux, sont présentés dans une vitrine.

Leitmotiv donnant le ton, l’amour et l’ébriété égayent en duo les gravures parisiennes style 1900 des goguettes et les extraits du film La Traviata de Zeffirelli. À différents points d’écoute, le public peut entendre les airs choisis en relation avec des livrets de ballets et des couplets de cabarets. La scénographie exploite habilement un espace pourtant compliqué par des colonnes et rythme agréablement la visite.
 

« Le vin et la musique, accords et désaccords, XVIe-XIXe siècle »
La Cité du vin, 1, esplanade de Pontac, Bordeaux (33), www.laciteduvin.com

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°713 du 1 juin 2018, avec le titre suivant : Tableaux à boire et à entendre

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