Dimanche 16 décembre 2018

Martigny (Suisse)

Sam Szafran par croissances

Fondation Gianadda jusqu’au 16 juin 2013

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 22 avril 2013 - 232 mots

Après la rétrospective de 1999 et l’inauguration du pavillon Szafran en 2004, cette exposition signe la troisième rencontre d’envergure entre le peintre et Léonard Gianadda, liés par une solide amitié. Elle déroule un demi-siècle de travail de celui qu’Henri Cartier-Bresson, également proche de l’artiste, appelait « l’ami intense ».

Depuis cet étrange et spectral Golem (1958) surgissant de son linceul noir jusqu’à ces philodendrons lumineux et tendrement ramifiés de 2012, le parcours par degrés et croissances révèle en plénitude cet homme volontiers secret. 

Sam Szafran ou la double conquête ! D’abord, victoire sur la vie, les peines, le refus de la défaite au fond de la détresse. Ensuite, victoire sur l’espace, gagné d’année en année. Du tableau de petites dimensions, Szafran, en passant au grand format, ne cède en rien à la facilité, au contraire. Pour que les vertiges persistent, il pense que les exigences doivent être en constante progression. Ce changement d’échelle s’est fait marche après marche, élément premier de ces escaliers qui tournent, s’imbriquent, contredisent le vide autour duquel ils se construisent. Par croissance aussi, celle de la végétation, qui, née du simple pot, devient feuille à feuille luxuriante. Sur la soie chinoise, l’aquarelle et le pastel fleurissent ensemble. Volutes des rampes et spirales des branches, ces montées et ces poussées sont la métaphore de la notoriété acquise à coups de modestie. Une ascension que la centaine d’œuvres exposées confirme.

« Sam Szafran, 50 ans de peinture », Fondation Gianadda, 59, rue du Forum, Martigny (Suisse) www.gianadda.ch

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°657 du 1 mai 2013, avec le titre suivant : Sam Szafran par croissances

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque