Mercredi 21 février 2018

Saint-Gaudens, de New York à Toulouse

L'ŒIL

Le 4 août 2008

En 1985, Augustus Saint-Gaudens (1848-1907) faisait l’objet d’une large rétrospective au Metropolitan Museum of Art de New York, qui rendait hommage à cette figure déterminante dans l’émergence d’une école de sculpture américaine. Le Musée des Augustins lui consacre aujourd’hui une première exposition en France, soulignant les liens unissant le sculpteur à Paris et à la région toulousaine. L’artiste doit à cette dernière son patronyme : son père est originaire de la région de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Né à Dublin, très tôt émigré à New York, il rejoint dès l’âge de 19 ans l’École des Beaux-Arts de Paris où il côtoie Bastien Lepage, Antonin Mercié, Luc-Olivier Merson. Il acquiert alors très vite une réputation internationale dans le domaine de la sculpture, assez comparable à celle de John Singer Sargent pour la peinture. Il participe d’ailleurs aux côtés de cet artiste et de Pierre Puvis de Chavannes à la décoration de la grande bibliothèque de Boston. Une centaine d’œuvres regroupées thématiquement en quatre sections – les monuments publics américains (notamment le Farragut Monument de New York et le Lincoln Monument à Chicago), la sculpture religieuse, les portraits en relief, les camées, médailles et monnaies – évoquent la diversité de son œuvre et la variété de son style. Ce dernier puise aux sources de l’Antique, du néo-classicisme, du préraphaélisme et de la Renaissance. Son ami Henry Adams disait de lui : « par son esprit et sa personne, Saint-Gaudens était un survivant du Cinquecento, il portait l’empreinte de la Renaissance ». D’autres retiendront surtout sa manière profondément expressive, son mélange troublant de réalisme et d’idéalisme, ainsi que la mystérieuse aura entourant ses portraits, dont le caractère inachevé – le « non-fini » comme le définissait l’artiste – confère à ses œuvres un caractère d’étrange irréalité.

TOULOUSE, Musée des Augustins, jusqu’au 30 mai, puis Musée de la Coopération franco-américaine de Blérancourt, cat. coéd. RMN, 216 p., 240 ill., 250 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°504 du 1 mars 1999, avec le titre suivant : Saint-Gaudens, de New York à Toulouse

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