Vendredi 20 septembre 2019

Rouen (76)

Rouen à la pointe du XVIIIe siècle

Musée des beaux-arts jusqu’au 24 février 2014

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 31 janvier 2014 - 322 mots

Rouen, avec Montpellier, fait partie du club très fermé des villes de province à posséder deux collections de dessins anciens : celle, bien connue, du Musée des beaux-arts, puis celle de la bibliothèque municipale, à peine moins prestigieuse, mais curieusement restée confidentielle.

Leur point commun, deux fonds exceptionnels de dessins français du XVIIIe siècle dont un florilège de cent cinquante feuilles a été prélevé et confronté pour la première fois à quelques tableaux, estampes et livres illustrés afin d’en expliciter le contexte de création artistique. L’exposition s’ouvre sur un panorama de la fin du règne de Louis XIV et du temps de la Régence avec des feuilles majeures de Watteau, Natoire ou Dandré-Bardon. De beaux pastels de Lemoyne, Coypel et Vivien précèdent une section consacrée au « voyage d’Italie », point fort des collections rouennaises, illustré par Hubert Robert, Châtelet où Hoüel dont le musée acquit, en 2013, une Promenade dans les ruines qui manquait à ses collections. De petites séquences sont, tour à tour, dédiées au portrait, au paysage et à la marine, avant de conclure sur une dernière salle consacrée au dessin néoclassique. Dans chaque salle, les artistes locaux tels que Lemonnier, Hoüel, Deshays ou Restout sont dignement représentés. 

« Les Trésors de l’ombre » ont aussi le mérite de mettre en lumière les dons des généreux donateurs qui sont à l’origine de cet ensemble unique. Aux legs pionniers des artistes Jean-Pierre Hoüel et Gabriel Lemonnier, qui posséda notamment le fameux Démocrite de Vélasquez, suivent ceux, plus remarquables encore, des collectionneurs Jules Hédou et Georges Chedanne. Ils furent complétés, en 1975, par l’arrivée massive des 5 000 dessins de la donation du marchand Henri Baderou qui a contribué à faire du cabinet des dessins du musée de Rouen, l’un des premiers fonds d’arts graphiques en France. À lire, le passionnant portrait de ce donateur providentiel dressé par Pierre Rosenberg au fil d’une interview publiée dans le savant catalogue de l’exposition.

« Les Trésors de l’ombre : chefs-d’œuvre du dessin français du XVIIIe siècle », Musée des beaux-arts de Rouen, esplanade Marcel-Duchamp, Rouen (76), rouen-musees.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°665 du 1 février 2014, avec le titre suivant : Rouen à la pointe du XVIIIe siècle

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