Dimanche 21 octobre 2018

Le François, Martinique

Résurrection des « abstractions très libres » des années 1950

Fondation Clément jusqu’au 16 avril 2017

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 17 février 2017 - 225 mots

Un vent neuf souffle sur le Centre Pompidou. La déjà vénérable institution parisienne fête ses 40 ans en s’associant à plus de quatre-vingts manifestations réparties dans quarante villes, dont une seule outre-mer, Le François, en Martinique. La Fondation Clément y accueille une exposition novatrice.

Réparties en neuf séquences – de « L’Informe » à « Effacements », en passant par « Signes », « Véhémences », etc. –, cinquante-trois peintures de trente-neuf artistes permettent de redécouvrir un pan capital de l’histoire de l’art du XXe siècle : la peinture abstraite non géométrique, apparue à Paris au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Quelque peu passée sous silence, c’est le moins que l’on puisse dire, par les grandes institutions hexagonales depuis un demi-siècle, cette période si dense en audaces picturales se découvre avec une belle fluidité dans les nouveaux espaces d’exposition de la Fondation Clément. Issues des réserves du Musée national d’art moderne, ces peintures abstraites toutes radicalement différentes, loin de se heurter, émergent comme de vives ou sereines cristallisations d’énergies tout simplement libres. Parfois même très libres, tels La Turquoise (1949, Wols), Furyu (28 mars 1961, Jean Degottex), Grand Palimpseste jaune (20 novembre 1960, Georges Noël), Foudre (1956, Judit Reigl) ou Rien d’autre (1954, Claude Bellegarde), une toile rectangulaire aux fragiles incertitudes claires, qui clôt silencieusement le parcours. Espérons que le Centre Pompidou persistera dans cette volonté d’ouverture exigeante : sortir de ses réserves des pépites négligées depuis trop longtemps.

« Le Geste et la matière, une abstraction “autre”, Paris 1945-1965 »

Fondation Clément, Domaine de l’Acajou, Le François (97), Martinique, www.fondation-clement.org

Légende Photo :
Juditreigl, Foudre, 1956, huile sur toile, 179 Á— 156 cm, Musée national d’art moderne, Paris.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°699 du 1 mars 2017, avec le titre suivant : Résurrection des « abstractions très libres » des années 1950

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