Samedi 24 février 2018

Questions à... Patrizia Nitti, directrice artistique du musée Maillol

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 23 février 2010

Quelle serait pour vous l’œuvre la plus emblématique de l’exposition ?
La mosaïque romaine de Pompéi, du Ier siècle, parce que j’aime passionnément la vie et que notre société vit une course folle vers un destin indéfini. Le XXe a été le siècle le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité. Les nouvelles idéologies et les conflits qui en ont dérivé ont entraîné les hommes dans une vaste mort collective. Il n’est pas surprenant de voir toute une génération se la réapproprier et s’interroger sur sa propre existence.

Pourquoi avoir focalisé l’exposition sur le crâne et le squelette, ne pensez-vous pas que cela soit réducteur ?
Ce phénomène d’invasion iconographique est visible sur tous les supports, de la mode à la publicité, des objets du quotidien jusqu’aux jouets et personnages de dessins animés. Le grand nombre d’artistes contemporains qui déclinent crânes et squelettes sous toutes les formes, m’a fortement interpellée. Ma question a été pourquoi et, surtout, pourquoi maintenant ? Le sujet n’est pas réducteur, au contraire, il interprète fidèlement notre évolution sociologique.

Avec le thème de la vanité, voulez-vous mettre en garde le visiteur ?
La vie et la mort ne font qu’un. Quelle que soit notre idéologie, dialoguer avec l’inéluctable est indispensable. Si les Romains disaient Memento mori, les épicuriens répétaient inlassablement Carpe diem (cueille le jour), c’est le souhait de notre exposition.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°622 du 1 mars 2010, avec le titre suivant : Questions à... Patrizia Nitti, directrice artistique du musée Maillol

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