Questions à... Bernard Blistène, directeur du développement culturel du Centre Pompidou

L'ŒIL

Le 18 novembre 2009

À quoi tient, selon vous, le fait que l’œuvre de Gorky soit restée dans l’ombre ?
Gorky est l’homme des seuils et des passages. Son œuvre n’appartient somme toute à aucun mouvement défini. Elle est elle-même mouvement. Mouvement de l’histoire à laquelle il s’arrache pour fuir le génocide de son pays d’origine. Mouvement de la forme qui ne cesse de se dérober et d’échapper à ses modèles. Mouvement des idées, instables et changeantes, brûlantes et évanescentes.

Quelles sortes d’exemples offre donc son œuvre ?
Son œuvre tient du labeur et de l’acharnement. Elle convoque des modèles pour mieux s’en défaire ou s’en débarrasser. Gorky rend fragile l’édifice sur lequel s’est édifié le discours moderne. Gorky offre une leçon dans laquelle quiconque s’aventure comprend que son but est d’inventer la forme en la détruisant.

Qu’est-ce qui en fait un artiste typiquement américain ?
Est-il typiquement américain ? Il est l’artiste de l’exil, comme bien d’autres… Il est celui qui entrelace des référents proprement européens à ceux qu’il découvre aux États-Unis, en Virginie ou ailleurs. Il est aussi celui par qui l’Amérique assume et revendique sa dette culturelle et artistique à l’Europe et par qui les États-Unis s’inventent une histoire propre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°619 du 1 décembre 2009, avec le titre suivant : Questions à... Bernard Blistène, directeur du développement culturel du Centre Pompidou

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