Vendredi 20 septembre 2019

Musée

Quelles sont les meilleures expositions de la rentrée en région ?

Par Melchior Bachelot · L'ŒIL

Le 2 septembre 2019 - 1561 mots

REGION

Pour le savoir, la rédaction de L’Œil a repéré pour ses lecteurs les 15 expositions à ne pas manquer en région.

Henri Matisse, Première Nature morte orange, 1899, huile sur toile, 56 × 73 cm. © Succession H. Matisse.
Henri Matisse, Première Nature morte orange, 1899, huile sur toile, 56 × 73 cm.
© Succession H. Matisse.
1• Le rêve d’être artiste

Palais des beaux-arts, Lille (59). Du 20 septembre 2019 au 6 janvier 2020. www.pba-lille.fr

De l’absence à l’immortalité, l’artiste a dû construire sa place et son aura au sein de la société. Le récit de cette construction constitue le sujet de la grande exposition de la rentrée du Palais des beaux-arts de Lille, en partenariat avec la RMN. Celle-ci se décompose en six sections pensées et ordonnées comme autant de chapitres d’une grande épopée. Chaque section s’accompagne d’un texte qui la présente, et chaque œuvre d’un texte qui la commente. Cette organisation audacieuse, qui fait se superposer au plaisir de voir celui de comprendre, s’appuie sur une spectaculaire constellation d’artistes : Picasso, Warhol, Dürer, Géricault, Manet, Kahlo, Banksy, Renoir…

2• Devenir Matisse

Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis (59). Du 9 novembre 2019 au 9 février 2020. www.museematisse.fr

C’est sur la terre natale de Matisse que se célèbre le 150e anniversaire de la naissance du peintre par une exposition d’envergure axée sur les 20 premières années de sa carrière. De son initiation à la peinture à la fermeture de son académie en 1911, le parcours explore les évolutions et influences qui ont modelé l’identité de son art. En regard des œuvres de Matisse sont mises celles qu’il a regardées et aimées, parmi lesquelles celles de Cézanne, Gauguin, Monet, Picasso…

3• Giono

MuCEM, Marseille (13). Du 30 octobre 2019 au 17 février 2020. www.mucem.org

Marseille organise une rétrospective de l’écrivain et cinéaste français Jean Giono (1895-1970). L’exposition approche l’œuvre de l’artiste par deux angles distincts : matériel et spirituel. D’abord matériel, en réunissant 300 œuvres et documents relatant la vie et le travail de Giono, avec la présence de ses manuscrits, de ses films propres, adaptations de ses romans, des toiles qui l’ont inspiré. Spirituel enfin, par l’invitation de quatre artistes contemporains à représenter, chacun par une production, une expérience fondamentale de l’existence de Giono.

4• Peter Saul

Les Abattoirs, Toulouse (31). Du 20 septembre 2019 au 26 janvier 2020. www.lesabattoirs.org

Peter Saul a évolué en marge de la « bonne peinture ». Partisan du « low », l’artiste américain est connu pour ses figures aux déformations inspirées de la bande dessinée, celles-ci mises au service d’une critique virulente des dérives de la société américaine. Ses thèmes de prédilection sont la guerre, l’argent, les grandes figures politiques : tout un univers que sa rétrospective toulousaine traverse.

5• Bonjour Monsieur Courbet

Musée Fabre, Clermont-Ferrand (63). Du 21 septembre 2019 au 19 janvier 2020. museefabre.montpellier3m.fr

Dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Courbet, le Musée Fabre consacre une exposition au tableau phare de sa collection : La Rencontre (1854), dite aussi Bonjour Monsieur Courbet. Le parcours, qui fait voisiner œuvres de beaux-arts, archives, photographies et art contemporain, est organisé selon quatre axes : les sources iconographiques, le scandale provoqué par la présentation du tableau en 1955, l’histoire de la diffusion de son image au XXe siècle et son écho auprès des artistes actuels, dont Yan Pei Ming, qui produit une œuvre pour l’exposition.

6• La Biennale de Lyon

Divers lieux, Lyon (69). Du 18 septembre 2019 au 5 janvier 2020. www.labiennaledelyon.com

Changement de décor pour la 15e Biennale de Lyon qui, tout en conservant son ancrage au Musée d’art contemporain, quitte les espaces de La Sucrière pour ceux, cinq fois plus grands, des Usines Fagor (29 000 m2). Une fois n’est pas coutume, le commissariat de l’événement a été confié aux curateurs du Palais de Tokyo (Paris). Leur cahier des charges : présenter un panorama de la création actuelle sous forme d’un « paysage » en trois axes (le vivant, l’humain et le cosmique). Plus de 50 artistes internationaux sont ainsi réunis à Lyon, parmi lesquels l’artiste urbain Stephen Powers, qui signe l’identité visuelle de la Biennale. Si la formule change, l’ambition reste en revanche la même en allant toujours au-devant du public grâce à un ambitieux programme d’expositions associées (à la Fondation Bullukian, au Couvent de la Tourette…) et à « Veduta ».

7• Charlie Chaplin dans l’œil des avant-gardes

Musée d’arts de Nantes (44). Du 18 octobre 2019 au 3 février 2020. museedartsdenantes.nantesmetropole.fr  

La première star mondiale du cinéma n’a cessé d’inspirer les avant-gardes. Discuté par Duchamp et Man Ray, célébré par Aragon, adoubé par Tzara : Charlie Chaplin est au sein des dynamiques artistiques de son temps. L’exposition nantaise propose de revisiter cette effervescence autour de l’acteur en juxtaposant les productions qu’il a influencées (peintures, photographies, dessins, sculptures) avec certains extraits de ses films.

8• Lesage, Simon, Crépin

Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, Villeneuve-d’Ascq (59). Du 4 octobre 2019 au 5 janvier 2020. www.musee-lam.fr

L’au-delà passe par Lille à l’occasion de l’exposition d’art brut « Peintres, spirites et guérisseurs » au LaM. Articulé autour de trois figures majeures de la peinture spirite en France (Lesage, Simon, Crépin), le parcours explore la vie et la production de ces artistes qui, sans formation et hors de tous les cercles admis, ont commencé à peindre sur ordre des voix qu’ils entendaient. Leurs œuvres complexes sont éclairées par une mise en regard de documents d’archives, de productions contemporaines et objets issus de cultures extra-occidentales.

9• Valie Export

Pavillon populaire, Montpellier (34). Du 16 octobre 2019 au 5 janvier 2020. www.montpellier-tourisme.fr

Pionnière de l’art médiatique, féministe engagée, héritière des actionnistes viennois : l’artiste autrichienne Valie Export est au centre des dynamiques qui ont bouleversé la scène artistique des années 1970. L’exposition du Pavillon populaire retrace ses productions avant-gardistes (photographies, films, vidéos, installations) et replonge du même coup le visiteur dans ses interrogations sur le rôle social de la femme et l’identité du féminin.

10• Vladimir Velickovic

Fonds Hélène et Édouard Leclerc, Landerneau (29). À partir de décembre 2019. www.fonds-culturel-leclerc.fr

Le peintre Vladimir Velickovic, né en 1935 à Belgrade, est célèbre pour son œuvre habitée par les thèmes de la souffrance, de la violence et de la mort. Sa rétrospective à Landerneau se concentre sur la dimension esthétique de son travail, abordant les problématiques de l’usage du temps, de l’harmonie, du rythme et de ses recherches sur Grünewald. Une centaine de dessins, peintures (très grands formats) et sculptures sont présentés, des productions de jeunesse à celles d’aujourd’hui.

11• ologne : peindre l’âme d’une nation

Musée du Louvre-Lens (62). Du 25 septembre 2019 au 20 janvier 2020. www.louvrelens.fr

Le Louvre-Lens, en collaboration avec le Musée national de Varsovie et l’Institut Adam Mickiewicz, organise une exposition consacrée à la peinture polonaise de 1840 à 1918. Cette production commémore le centenaire de la signature entre la France et la Pologne de la convention « relative à l’émigration et l’immigration » qui marqua l’identité des deux territoires. L’édification d’une mythologie nationale, la construction et la survie de l’identité polonaise sont les thèmes centraux d’un programme qui parcourt également les styles, du romantisme de Matejko à la modernité de la « jeune Pologne ».

12• Eisenstein : un cinéaste à la croisée des arts

Centre Pompidou-Metz (57). Du 28 septembre 2019 au 24 février 2020. www.centrepompidou-metz.fr

Le cinéaste soviétique (1898-1948), auteur du Cuirassé Potemkine, fait l’objet d’une rétrospective au centre Pompidou-Metz. Celle-ci souhaite faire (re)découvrir l’œuvre du cinéaste à la lumière de son regard sur l’histoire de l’art. L’étendue de son goût portant sur toutes les formes d’art, populaires comme élitistes, est visible par la présentation des œuvres qui l’ont inspiré ainsi que le commentaire qu’il en fait, et cela en miroir de ses propres films. L’exposition relève le défi de juxtaposer images fixes et images en mouvement par une scénographie qui prolonge les principes fondamentaux de la pratique de l’artiste.

13• Picasso 1939-1945

Musée de Grenoble (38). Du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020. www.museedegrenoble.fr

Picasso et la guerre ou l’âme d’un créateur en temps de destruction : le Musée de Grenoble expose le Picasso de la Seconde Guerre mondiale. Focalisé exclusivement sur la période 1939-1945, le parcours retrace mois par mois l’activité du peintre, offrant ainsi une progression claire et linéaire dans l’imaginaire d’un artiste alors hanté par la mort et la violence. Peintures, sculptures, dessins, gravures et photographies se mêlent à plus de 80 documents d’archives pour permettre l’immersion dans ce qui est certainement la période la plus sombre du maître espagnol.

14• Art et cinéma

Musée des beaux-arts, Rouen (76). Du 18 octobre 2019 au 20 février 2020. www.mbarouen.fr

L’exposition analyse les liens qu’entretiennent les arts avec le cinéma, de sa naissance à sa réinvention par Godart. Impressionnisme, cubisme, abstraction, expressionnisme, surréalisme et modernité : l’influence de tous ces courants sur l’art des images en mouvement est décomposée. Chronologique et thématique, le parcours traverse et compare les œuvres des frères Lumière et de Dufy, de Chaplin et de Léger, de Survage et de Duchamp…

15• Goya, le maître et son école

Musée des beaux-arts d’Agen (47). Du 8 novembre 2019 au 10 février 2020. www.agen.fr

On connaissait bien quelques assistants pour réaliser les copies du maître, mais l’on pensait l’artiste solitaire, sourd et refermé sur lui-même. L’exposition d’Agen met à mal cette image forgée à la période romantique pour faire l’hypothèse d’un chef d’école au centre d’un véritable atelier de peintres. Dans cet atelier apparaît notamment le nom d’Asensio Julià, brillant élève qui aurait peint des Goya sous la direction de Goya. L’exposition part des six tableaux attribués au maître conservés à Agen qu’elle place en regard de tableaux et de dessins venus du Prado, du Met, du Louvre et de collections privées françaises et allemandes.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°726 du 1 septembre 2019, avec le titre suivant : Les meilleures expositions de la rentrée en région

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