Aquarelle

Principessa Carlotta

La Malmaison rend hommage à la nièce du couple impérial, la princesse Charlotte Bonaparte.

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 14 décembre 2010 - 372 mots

RUEIL-MALMAISON - Artiste romantique, jeune fille bien rangée, enfant ballottée par les retournements politiques du début du XIXe siècle, Charlotte Bonaparte (1802-1839) est de retour au château de sa tante Joséphine, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Seconde fille de Julie Clary et Joseph Bonaparte, le frère aîné de l’empereur Napoléon Ier, Charlotte est au cœur d’une petite exposition visant à dévoiler son talent d’artiste, mais qui dresse avant tout le portrait d’une élite politique en exil. Naples dès l’âge de 3 ans, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique, les États-Unis, puis l’Italie… : le parcours suit les pérégrinations de la princesse, sa famille, ses amours et sa vie de château.  L’art de l’aquarelle était une distraction commune à l’époque, et Charlotte n’est pas la seule artiste en herbe de la dynastie. Elle est, en revanche, la seule à avoir travaillé son art avec assiduité – Jacques-Louis David, dont elle fréquenta l’atelier à Bruxelles dans les années 1820, n’est pas le pire des maîtres. Si elle n’est jamais parvenue à tenir le salon artistique dont elle rêvait, elle a toujours réussi à s’entourer d’artistes dans les différentes villes où elle résidait (Rome, Florence, Londres…). Pour étoffer le propos, les commissaires ont accompagné ses œuvres de celles d’artistes comptant parmi ses proches ou ses contemporains, partageant les mêmes techniques (aquarelle, gravure…) et sujets (scènes pittoresques, paysages…) – ce grâce aux nombreux prêts consentis par le Musée napoléonien à Rome et le Musée national des résidences napoléoniennes de l’île d’Elbe, où l’exposition a successivement été présentée. Force est de constater que la comparaison n’est pas à l’avantage de la princesse, laquelle peine notamment à introduire un effet de densité dans ses paysages – ses portraits aquarellés des enfants de la famille sont nettement plus réussis. Le surprenant frontispice de l’un de ces fameux albums, où les lettres bariolées de « Carlotta Napoleone » dansent et s’entremêlent, est sans doute l’unique preuve d’une fantaisie créatrice insoupçonnée.

Charlotte Bonaparte

Commissariat général : Maria Elisa Tittoni, directrice des Musées d’art médiéval et moderne de Rome ; Giulia Gorgone, directrice du Musée napoléonien de Rome

Commissariat scientifique : Amaury Lefébure, directeur du Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau ; Élisabeth Caude, conservatrice en chef au musée.

Scénographie : Frédéric Beauclair

CHARLOTTE BONAPARTE (1802-1839). UNE PRINCESSE ARTISTE

Jusqu’au 10 janvier 2011, Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, 15, av. du Château-de-Malmaison-et-de-Bois-Préau, 92500 Rueil-Malmaison, tél. 01 41 29 05 55, www.chateau-malmaison.fr, tlj sauf mardi 10h-12h30, 13h30-17h15 en semaine, et 10h-12h30, 13h30-17h45 le week-end, fermé les jours fériés. Catalogue, éd. RMN, 144 p., 200 ill., 35 euros, ISBN 978-2711857746.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°337 du 16 décembre 2010, avec le titre suivant : Principessa Carlotta

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