Martigny (Suisse)

Pour l'amour de l'art suisse

Fondation Pierre Gianadda, jusqu’au 14 juin 2015

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 22 janvier 2015 - 317 mots

Depuis plus de cinquante ans, Bruno Stefanini, magna de l’immobilier helvétique, court les salles des ventes pour retenir en Suisse les trésors artistiques nationaux menacés de s’envoler pour l’étranger.

Bilan de la moisson : plus de huit mille œuvres d’art en tout genre, propriété depuis 1980 de la Fondation pour l’art, la culture et l’histoire. Pour les quatre-vingt-dix ans de son fondateur, celle-ci dévoile, pour la première fois, un florilège de ses chefs-d’œuvre, qui, après le Kunstmuseum de Berne, est exposé à la Fondation Pierre Gianadda de Martigny. La sélection est avant tout picturale, hormis quelques objets insolites tels que le costume d’amazone de l’impératrice Élisabeth d’Autriche ou le plus gros groupe de cristaux jamais découvert dans les Grisons. Passé ces distractions, le cœur de la collection, près de cent cinquante tableaux et dessins, est présenté par thème, formule commode pour adoucir les clivages qu’engendre le mélange des différentes écoles de peinture, de la première moitié du XVIIIe au milieu du XXe siècle. Une période pendant laquelle les peintres suisses oscillent entre tradition et avant-garde, au rythme des tendances, pour la plupart venues
de l’étranger.

Les amateurs de peintures réalistes apprécieront les scènes de la vie quotidienne d’Albert Anker ou de Frank Buchser. Parmi les nus présentés, la Femme au collier de Félix Vallotton s’impose comme l’une des plus belles toiles de l’exposition. Du Lac des Quatre-Cantons d’Alexandre Calame au Soleil d’hiver à Maloja de Giovanni Giacometti, toutes les orientations du paysage sont illustrées d’œuvres emblématiques. Idem pour l’art du portrait ou de la nature morte avec de séduisantes compositions de Cuno Amiet ou de Max Buri. Au terme du parcours, Ferdinand Hodler s’impose haut la main comme le génie toutes catégories. Ses nombreux chefs-d’œuvre rattrapent l’accrochage terrifiant du niveau inférieur, en particulier celui du corridor menant au bar de la Fondation, véritable descente aux enfers pour les petits formats qui y sont alignés en pente raide.

« Anker, Hodler, Vallotton … Chefs-d’œuvre de la Fondation pour l’art, la culture et l’histoire »

Fondation Pierre Gianadda, rue du Forum 59, Martigny (Suisse), www.gianadda.ch

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°676 du 1 février 2015, avec le titre suivant : Pour l'amour de l'art suisse

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