Art moderne

Martigny (Suisse)

Paysages et scènes rurales suisses

Fondation Pierre Gianadda

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 14 mai 2020 - 322 mots

MARTIGNY / SUISSE

« Intérieure ou extérieure, la beauté est le ressort de ma collection. » Fidèle à ce critère et « sans autre stratégie », comme il l’ajoute avec simplicité, Christoph Blocher a acheté au fil des années ses nombreux tableaux, tous devenus « ses enfants ».

Profondément attaché à son pays, le collectionneur consacre ses moyens aux seuls peintres suisses des XIXe et XXe siècles, les plus renommés comme les moins célèbres. Deux thèmes lui tiennent à cœur, les gens et les paysages. Pour illustrer cette double passion, la sélection met en avant deux grands noms au talent incontestable. Albert Anker d’une part, qui apparaît comme un subtil observateur des enfants au regard clair et des personnes âgées dans leur vie quotidienne. Le portrait de L’Écolier (1877) est admirable de vérité. Et Ferdinand Hodler, d’autre part, dont le pinceau se fait le puissant interprète des chaînes et des lacs alpestres. On est saisi par l’étrange beauté de sa série sur le lac Léman. Mais la surreprésentation dans le parcours des tableaux de ces deux artistes met en retrait les œuvres des autres peintres. On aurait apprécié un choix plus ouvert ! Si un ou deux noms émergent, les autres s’avèrent pratiquement inconnus. Or ils méritent amplement de sortir de l’oubli car ils décrivent avec un brio des couleurs et une inventivité des perspectives la vie rurale et les panoramas de leurs cantons. Ainsi, le visiteur découvre avec surprise les vastes étendues enneigées et les angles de vue inhabituels autour de L’Untersee d’Adolf Dietrich, appelé le Douanier Rousseau suisse. De même salue-t-il la facture poétique des tons pastel de Segantini et les jeux de lumière de Giovanni Giacometti (Monte Forno). S’appuyant sur quelques peintres qui contribuèrent autour de 1820 à forger une identité résolument helvétique comme Alexandre Calame et Robert Zünd, il poursuit son parcours en découvrant une curieuse scène de genre de Max Buri et deux compositions chromatiques de Cuno Amiet, adepte d’une modernité sage, révélatrice des goûts locaux.

« Chefs-d’œuvre suisses, collection Christoph Blocher »

Fondation Pierre Gianadda, rue du Forum 59, Martigny (Suisse)
www.gianadda.ch

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°734 du 1 mai 2020, avec le titre suivant : Paysages et scènes rurales suisses

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