ÉGYPTOLOGIE

Marcelle Baud, dessins d’Égypte

Par Lorraine Lebrun · Le Journal des Arts

Le 24 novembre 2021 - 342 mots

Le Musée Bargoin de Clermont-Ferrand consacre une belle exposition à cette archéologue et dessinatrice méconnue de l’égyptologie française.

Clermont-Ferrand.« Le dessin (comme toutes les expressions de la pensée en Égypte) est mis à la disposition d’idées magiques ou religieuses », écrivait-elle dans le Bulletin des musées de France en 1930. Marcelle Baud (1890-1987), qui fait de l’archéologie « à coups de crayons et de pinceaux » est aux premières loges pour en faire le constat. Cette Auvergnate d’adoption, née en 1890 à Paris où elle se forme au dessin, est aussi une pionnière de l’égyptologie. Sur les chantiers des tombes thébaines, elle réalise dessins et relevés qui alimenteront les recherches et l’imaginaire collectif.

Elle avait émis le souhait qu’à sa mort, cinq cents de ses dessins rejoignent les collections de la Ville de Clermont-Ferrand. Disparue en 1987, la donation est finalisée en 1990, à l’occasion de laquelle une grande exposition est organisée au Musée Fondfreyde de Clermont-Ferrand. Ses dessins ont ensuite rejoint les réserves où ils ont été progressivement oubliés.

Le récolement décennal a permis, en 2016, aux équipes du Musée Bargoin de redécouvrir ce fonds méconnu et d’y voir l’opportunité d’une nouvelle exposition. Près de 3 800 documents supplémentaires issus de fonds privés, retrouvés à l’occasion, ont entre-temps enrichi la collection.

Pionnière dans un monde d’hommes

C’est donc de multiples enjeux qui se croisent autour de cette présentation : la redécouverte de collections dormant dans les réserves, l’opportunité d’un travail de recherche poussé… Mais il s’agit surtout de remettre dans la lumière une figure hors norme, celle d’une femme ayant la ténacité et l’étoffe des pionnières, dans un monde d’hommes. De très nombreux dessins, photographies et documents en tout genre permettent de retracer son activité de dessinatrice, et plus globalement de l’histoire d’une vie – sa formation académique, ses amitiés belges… –, tout en emmenant le visiteur sur les chantiers de fouilles de l’Égypte du début du XXe siècle.

Avec des textes de salle riches d’informations, l’exposition s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants, auxquels une importante partie de la médiation est consacrée.

 

 

Traits d’Égypte, Marcelle Baud,
jusqu’au 9 janvier 2022, Musée Bargoin, 45, rue Ballainvilliers, 63000 Clermont-Ferrand.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°578 du 26 novembre 2021, avec le titre suivant : Marcelle Baud, dessins d’Égypte

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque