Mai 68 continue

Que serait Mai 68 sans ses affiches ?

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 19 juin 2008 - 263 mots

On pourrait aller jusqu’à affirmer qu’elles ont joué un rôle de médiation et de communication égal à celui qu’ont joué au temps de la Renaissance les gravures allemandes et italiennes.

Sinon qu’elles ont eu le même impact que les estampes expressionnistes du début du XXe siècle. D’ailleurs, plastiquement parlant, elles s’en rapprochent beaucoup, tant par l’usage de l’aplat coloré que par leur recherche graphique.
Le musée des Beaux-Arts de Dole s’est associé aux Beaux-Arts de Paris pour organiser une exposition quasi exhaustive de la production que le joli mois de mai a engendrée. Issues pour l’essentiel de l’Atelier populaire de l’école parisienne et de celui des Arts décoratifs, ces affiches sont d’authentiques œuvres d’art, anonymes et multiples. Elles ont été conçues pour la plupart sous la direction d’artistes aussi avertis que Aillaud, Arroyo, Buraglio, Fromanger ou Rancillac, qui se sont imposés par la suite sur la scène internationale. 
Réalisées dans une situation d’urgence, les affiches de Mai 68 sont en phase avec les événements dont elles composent en quelque sorte la chronique. Elles content le mal-être « d’une jeunesse que l’avenir inquiète trop souvent », comme l’énonce une image au visage tout entier recouvert d’une bande fermée à hauteur de la bouche par une épingle de nourrice. Tout un symbole ! « Sous les pavés la plage », « La lutte continue », les affiches de 68 sont un répertoire de slogans toujours vivaces.

« Les affiches de Mai 68 », musée des Beaux-Arts de Dole, 85, rue des Arènes, Dole (39), tél. 03 84 79 25 85, www.dole.org, jusqu’au 31 août 2008.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°604 du 1 juillet 2008, avec le titre suivant : Mai 68 continue

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