Lyon nourrit des liens anciens avec l’Orient

L'ŒIL

Le 20 avril 2011 - 336 mots

La manifestation « Le Génie de l’Orient » se devait d’être organisée à Lyon, ville avant-gardiste dans le domaine des arts de l’Islam.

Les expositions de 1827, 1877 ou 1894 ont permis aux Lyonnais de découvrir et d’apprécier très tôt les productions islamiques. Pour mieux comprendre le lien séculaire, indélébile qui les unit à la tradition des arts orientaux, une exposition-dossier sur « Lyon et les arts de l’Islam au xixe siècle » est présentée en parallèle à l’intérieur du musée. 

L’essor de la soirie lyonnaise 
Dès le début du xixe siècle, dans le palais des Arts, premier musée de Lyon, des pièces dites orientales, encore mal définies, côtoient d’autres curiosités. La collection d’art islamique reste modeste, jusqu’en 1850. Elle se compose surtout d’objets ayant appartenu à deux collectionneurs, le marquis de Migieu et Jacques-Antoine Lambert.  Au cours de la seconde moitié du xixe siècle, l’essor économique de la ville de Lyon favorise l’émergence de nouvelles fortunes et le développement d’importantes collections. Le goût des amateurs pour les arts de l’Islam se précise. Ils sont issus du monde de la finance et de la soie, comme l’industriel Émile Guimet, le négociant en soieries Jean-Baptiste Giraud ou encore le banquier et politicien Édouard Aynard, qui détient alors la plus riche des collections de Lyon.

Face à la concurrence européenne en matière de soierie, la chambre de commerce de Lyon, qui souhaite renforcer la créativité des artisans, inaugure, en 1864, le musée d’Art et d’Industrie. Les arts islamiques y sont bien représentés. En 1879, une galerie est consacrée à « l’histoire artistique et industrielle de la fabrication des étoffes depuis les temps les plus anciens, tant en Occident qu’en Orient ». Les motifs d’entrelacs et d’arabesques sur les objets et les textiles orientaux deviennent un véritable champ d’étude de l’ornement.

Ainsi, grâce à la politique d’acquisition menée par des hommes passionnés et à la créativité débordante des artisans, le musée des Beaux-Arts de Lyon peut aujourd’hui se targuer de posséder une des plus belles collections d’arts islamiques d’Europe.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°635 du 1 mai 2011, avec le titre suivant : Lyon nourrit des liens anciens avec l’Orient

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