Dimanche 9 décembre 2018

Lisbonne à nouveau reine des océans

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 3 janvier 1998 - 930 mots

Cinq cents ans après l’arrivée de Vasco de Gama aux Indes s’ouvre en mai 1998, à Lisbonne, la dernière Exposition universelle du millénaire. Son thème ? “Les océans, un patrimoine pour le futur”?. Plus de 130 pays et organisations nationales ou internationales ont confirmé leur participation à cette manifestation culturelle qui devrait attirer plus de huit millions de visiteurs étrangers.

Cinq cents ans après les grandes découvertes, les expéditions d’Henri le Navigateur et de Vasco de Gama, Lisbonne redevient, l’espace de quelques semaines, la capitale mondiale qu’elle fut au XVIe siècle. Fille d’Ulysse, elle nous invite pour quatre mois à un voyage sur les océans, sur ces immenses étendues d’eau qui couvrent 70 % de la planète et hébergent sur leurs rives 75 % de la population mondiale. L’Expo ’98 se veut un moyen de sensibiliser l’opinion publique mondiale à l’importance, au rôle des océans dans les décennies à venir, mais aussi à leur fragilité. Ses organisateurs souhaitent offrir l’occasion de repenser la gestion des océans à l’aube du XXIe siècle. En outre, à la demande du Portugal et sur décision de l’Assemblée générale des Nations unies, le monde va célébrer en 1998 l’Année internationale des Océans.

Installée à l’est de Lisbonne sur les bords du Tage, l’Expo ‘98 occupera un site de 60 hectares. Les travaux réalisés pour l’accueillir s’intègrent dans un grand projet de rénovation urbanistique de Lisbonne – le plus grand projet jamais mis en œuvre depuis deux cents ans – et devraient permettre de réhabiliter une zone industrielle très dégradée située sur les bord du fleuve. De nouveaux moyens de communication verront également le jour, avec un pont sur le Tage, une ligne de métro et une gare internationale qui  permettront de rééquilibrer le développement de la ville vers l’est.

Le thème des océans, omniprésent durant toute l’Exposition universelle, inspire l’architecture et le contenu des pavillons à thème construits pour l’occasion. Conçus pour la plupart par des architectes portugais, ils ont été érigés sur les bords du Doca des Olivais, un plan d’eau d’une superficie de dix hectares.

À la conquête des océans
Le Pavillon du Portugal, adossé à la pente du bassin qu’il surplombe, est l’œuvre du célèbre architecte portugais Alvaro Siza Vieira. C’est à lui qu’ont été confiés, à la fin des années quatre-vingt, les travaux de reconstitution et de sauvegarde du quartier du Chiado, détruit par un gigantesque incendie en août 1988. Avec ses ruelles en pente, ses librairies, ses nombreux cafés et restaurants, ce quartier était alors le rendez-vous de la Lisbonne élégante et bohème. Siza Vieira a aussi conçu le Musée d’art contemporain de Saint-Jacques-de-Compostelle et travaille sur l’extension du Stedelijk Museum d’Amsterdam.

Le Pavillon du Portugal, véritable symbole national, évoquera la contribution apportée au cours de l’histoire par le Portugal à la construction des routes de communication à l’échelle planétaire, ainsi qu’à la découverte et à la conquête des océans. Cet édifice de deux étages se reflétant dans l’eau s’ouvrira sur un vaste espace de plus de 3 000 m2, la place des cérémonies, qui accueillera toutes les manifestations officielles.

Le Pavillon de la connaissance des mers, conçu par Carrilho de Graça, est reconnaissable grâce à son grand volume vertical – la nef centrale – évoquant le pont d’un navire. Il présentera, sous une forme ludique et attrayante, tout le cheminement qui a conduit l’homme à la découverte et à l’appropriation des océans (systèmes de navigation, pêche, plongée...).

À l’intérieur du Pavillon des océans prendra place l’Océanorium le plus moderne du monde. Construit au milieu du plan d’eau Doca des Olivais, sur le Tage, tel un navire immobile ancré dans un port, il est constitué de plusieurs bassins. Le plus grand illustrera les océans comme une immense masse d’eau constituant le premier élément de liaison entre les hommes. Les autres bassins reconstitueront les habitats côtiers de plusieurs régions océaniques : Atlantique, Antarctique, Pacifique et océan Indien. La faune et la flore seront représentées en prenant en compte les connaissances actuelles sur les océans et les menaces qui pèsent sur leur équilibre écologique.

Patrimoine de l’humanité
La visite se poursuivra avec le Pavillon du futur. Implanté parallèlement au Tage, il se fera le héraut du message cher aux organisateurs : “N’oublions pas l’importance de l’océan, véritable patrimoine de l’humanité”. À l’intérieur, les visiteurs pourront découvrir certains aspects des programmes internationaux de recherche océanographique, et prendre conscience des conséquences de l’action de l’homme sur les océans et de la nécessité pour l’humanité de modifier son comportement. Une obligation primordiale si l’on veut parvenir à sauvegarder ce patrimoine pour les générations à venir.
Dernière étape, le Pavillon des utopies. On y présentera, quatre fois par jour,  un spectacle multimédia consacré aux mythes et légendes créés par l’homme sur le thème de la mer, depuis Vingt mille lieux sous les mers jusqu’à Moby Dick ou L’Atlantide.

Le site de l’Exposition universelle comprendra également un espace international de 80 000 m2 où seront présents les pays et organisations étrangères. Cet espace modulaire deviendra le Centre des expositions de Lisbonne après la manifestation.

En se promenant sur le site à n’importe quelle heure, le visiteur pourra tous les jours assister à des divertissements qui se prolongeront jusqu’à 3 heures du matin : chars scéniques, défilés de monstres marins inspirés de la tradition médiévale portugaise, vidéos géantes, musique... Et si vous souhaitez prendre de la hauteur pour découvrir l’Expo ‘98, un conseil : empruntez l’une des quarante cabines téléphériques qui surplombent le Tage ou dirigez-vous vers la Tour Galp ou la Tour Vasco de Gama qui offrent toutes deux des terrasses à 70 mètres et 100 mètres de hauteur.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°51 du 3 janvier 1998, avec le titre suivant : Lisbonne à nouveau reine des océans

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