Mardi 17 septembre 2019

Les grands moments de 2014

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 2 janvier 2014 - 969 mots

Après le bouillonnement de MP 2013, l’année 2014 ne peut qu’apparaître plus calme. S’il n’y a pas vraiment d’exposition « phare », l’ouverture du Musée Soulages et la réouverture du Musée Picasso feront événement.

Les années se suivent… mais ne se ressemblent pas, du moins en ce qui concerne l’actualité des musées et des expositions. Autant  2013 s’annonçait faste et l’a été, autant la programmation en  2014 paraît plus sage, mais sur une note toujours aussi haute. Il est vrai que l’an dernier la France était le pays hôte de la capitale européenne de la culture, et il échoyait à Marseille et sa région d’en être les organisateurs. Le label européen a incontestablement dopé la construction et la rénovation de musées et centres d’art dans la cité phocéenne qui bénéficie enfin d’un équipement culturel à sa mesure. Cependant, après l’effervescence de 2013, la programmation semble marquer le pas en  2014. Mis à part le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée qui annonce sa thématique méditerranéenne jusqu’à la fin de l’année, le calendrier des expositions temporaires dans les autres lieux est encore bien lacunaire. Quoi qu’il en soit, cette année, les capitales européennes changent de climat et il faudra aller à Umeå en Suède et à Riga en Lettonie pour éventuellement retrouver le bouillonnement de Marseille-Provence 2013.

Commémorations
La «  grande affaire  » en 2014 et sans doute jusqu’en 2018, devrait être la commémoration du centenaire de la Grande Guerre. Si le programme est copieux, il ne sera pas, par nature très festif ou artistique. Entre les «  Désastres de la guerre  » au Louvre-Lens et les multiples expositions sur la vie quotidienne au front ou à l’arrière, l’ambiance sera plus au recueillement et à la pédagogie qu’à la délectation d’un paysage provençal ou normand comme en 2013 avec le Festival impressionniste. Les anniversaires prétextes ne manquent pourtant pas en 2014. Assurément, certains ramènent à la guerre comme la victoire de Philippe Auguste à Bouvines en 1214 (encore aucune exposition d’annoncée malgré l’importance historique de l’événement), d’autres recoupent cependant le champ artistique. À ce jour, si la mort de Charlemagne en 814, la naissance de Jean-Baptiste Pigalle en 1714, de Jean-François Millet en  1814 ou celle de Henri de Toulouse-Lautrec en 1864 ne semblent pas avoir inspiré les conservateurs, c’est à La Piscine de Roubaix qu’il faudrait aller en octobre pour la célébration du 150e  anniversaire de la naissance de Camille Claudel. De son côté, l’Espagne compte honorer comme il se doit le 400e  anniversaire de la mort du Gréco (né en Crète) avec au moins deux expositions dont une au Prado à Madrid.

En revanche au plan quantitatif, le rythme des expositions ne semble pas ralentir. La rédaction du Journal des Arts a enregistré 1 050  expositions à venir dans le monde, dont 700 en France, soit sensiblement le même volume annoncé à l’orée de 2013 pour au final respectivement 2 700 et 1 700  expositions (ce décalage entre annonce et réalité se comprend bien). En France, c’est en art contemporain que les propositions sont les plus remarquées. Ce ne sont pas moins de trois rétrospectives que le Grand Palais va consacrer à l’art d’après guerre –  Bill Viola, Robert Mapplethorpe et Niki de Saint-Phalle  – tandis que le Centre Pompidou ouvrira ses cimaises à Henri Cartier-Bresson, Martial Raysse et Jeff Koons et que le Musée d’art moderne de la Ville de Paris accueillera Lucio Fontana, puis David Altmejd. 2014 verra aussi le retour d’un «  Monumenta  » consacré à Ilya et Emilia Kabakov. Et il faudra bien toute la majesté de l’empereur romain Auguste, également au Grand Palais, pour satisfaire les amateurs d’art antique, voire ancien, la programmation à Orsay et au Louvre étant plus convenue. Le Musée du quai Branly continue son exploration des civilisations extra-européennes et emmènera le public en Guinée, dans les plaines amérindiennes, au Vietnam ou en Polynésie.

Une opportunité  pour tous les lieux
Sans présager de la qualité de ces manifestations, il est cependant fort à parier qu’elles feront moins d’entrées que l’expo Dali qui s’est terminée en mars 2013 au Musée national d’art moderne avec 790 000  visiteurs, ou celle sur Edward Hopper organisée par la Réunion des Musées Nationaux qui a accueilli 784 000  personnes. D’une certaine façon, c’est une chance pour les autres lieux qui souffrent parfois de la concurrence des manifestations phares et vont pouvoir faire entendre leur propre musique. Ainsi le Petit Palais promet une redécouverte du Paris de la Belle époque, tandis que l’Institut du monde arabe fera monter ses visiteurs dans le train de l’Orient Express et que le Musée national du Moyen Âge les fera voyager précisément au Moyen Âge. L’impressionnisme, une valeur sûre pour assurer les entrées, n’est pas oublié ; ainsi le Musée Marmottan va plonger dans l’intimité des peintres de la lumière et le Musée du Luxembourg s’intéresser à leur marchand Paul Durand-Ruel.

Les années croisées s’enchaînent, elles aussi, dans une relative indifférence du grand public. Qui se souvient des manifestations rattachées à la saison Sud-Africaine en France en  2013 ? Le même sort risque d’être réservé à la saison vietnamienne en France de janvier à septembre 2014 (le Quai Branly et le Musée Guimet ont été mis à contribution), à la Commémoration du 50e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine, décidée à la dernière minute, et aux semaines (on ne parle plus d’années) croisées France-Kazakhstan.

Au fond ce sont moins les expositions que les musées en eux-mêmes qui vont faire l’actualité. Le rythme des rénovations et constructions ne semble pas faiblir. Après la réouverture du Musée des beaux-arts de Bordeaux et de celui de Valence en fin d’année  2013, c’est le nouveau Musée Soulages à Rodez qui attirera tous les regards en mai, suivi de la réouverture tant attendue du Musée national Picasso à Paris.

Les articles du dossier : Les grandes expositions 2014 en France et dans le monde

  • Cap sur les expositions de 2014 dans le monde ></a></li>
 
	<li>Vive le graphisme en France  <a href=></a></li>
	<li>Mobilisation générale <a href=></a></li>
	<li>Gustave Doré le flamboyant <a href=></a></li>
	<li>L'homme qui inventa Rome <a href=></a></li>
	<li>La très belle époque <a href=></a></li>
	<li>Ouverture du Musée Soulages  <a href=></a></li>
	<li>L’année Greco <a href=></a></li>	
	<li>Une autre capitale <a href=></a></li>
	<li>Voir Duchamp à travers sa peinture <a href=></a></li>
	<li>L'âge d'or des Pharaons <a href=></a></li>
</ul>
</div>
<br /><br /><b>Légende Photo :</b><br/><a href=Pierre Soulages dans son atelier parisien en mars 2008 - © photo Baptiste Lignel pour L'oeil

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°404 du 3 janvier 2014, avec le titre suivant : Les grands moments de 2014

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque