Mercredi 19 février 2020

Apt (84)

Les artistes africaines ont la parole

Fondation Blachère, d’octobre 2014 à février 2015

Par Céline Piettre · L'ŒIL

Le 23 septembre 2014 - 326 mots

Elles s’appellent Ifeoma Anyaeji, Safaa Erruas, Justine Gaga, Euridice Kala, Wanja Kimani et Mavis Tauzeni ; elles sont artistes, parfois curatrices (comme Euridice Kala) et vivent respectivement au Nigeria, au Maroc, au Cameroun, entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, au Kenya et au Zimbabwe.

La plupart d’entre elles sont peu connues en France, à l’exception de la Marocaine Safaa Erruas représentée par la Galerie Dominique Fiat et dont le travail – cicatrices d’épingles sur monochromes de papier blancs – a été montré à Paris début 2013. Si la Fondation Blachère décide aujourd’hui de leur consacrer une exposition, leur donnant la « parole », c’est non seulement en tant qu’artistes femmes mais en tant qu’artistes femmes africaines. Un angle ethno-genré justifié par la situation minoritaire de ces artistes au sein des arts plastiques. La marginalisation de la femme africaine dans le monde de l’art n’est pas « une hallucination »,  écrit la commissaire de l’exposition Christine Eyene, dans un numéro spécial publié en 2011 par le magazine Africultures. Et, même si les choses ont évolué depuis les années 2000 (où les statistiques parlaient d’elles-mêmes, avec par exemple un petit 17 % d’artistes femmes pour « Africa Remix » au Centre Pompidou, en 2005), leur visibilité reste encore faible. Rectifier le tir serait donc l’une des ambitions du projet curatorial « La parole aux femmes », initié il y a trois ans au centre d’art Le Manège à Dakar. Pour ce deuxième volet, la Fondation Blachère a commandé aux artistes sélectionnées une série d’œuvres originales. En janvier dernier, afin de commencer à plancher sur l’exposition, Christine Eyene les réunit au Cameroun, dans le petit village de Bonendalé. Pendant deux semaines, les pièces s’y ébauchent au gré des réflexions sur le féminin et avec la complicité active des villageois. Euridice Kala organise une marche inaugurale, Ifeoma Anyaeji tisse ses imposantes sculptures en sacs plastique, Mavis Tauzeni peint des présences colorées… À découvrir dans leur version finale à Apt.

b>« La parole aux femmes », Fondation Blachère, 384, avenue des Argiles, Apt (84), www.fondationblachere.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°672 du 1 octobre 2014, avec le titre suivant : Les artistes africaines ont la parole

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