Vendredi 19 octobre 2018

musée

L’École d’Oshogbo

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 mars 2000 - 244 mots

Pour les artistes africains, le passage des créations inspirées par les traditions vers les formes d’expression actuelles influencées par l’Occident s’est révélé fort difficile. Mais certaines tentatives s’avèrent positives, en particulier chez les Yoruba du Nigéria. Dans la ville d’Oshogbo, à l’ouest du pays, des écrivains, plasticiens, danseurs et musiciens se sont efforcés de combiner très librement les formes traditionnelles et les influences artistiques modernes. Avec de nouvelles techniques, de nouveaux matériaux, ces artistes autodidactes (très discrètement guidés par deux Européennes) ont été les pionniers de l’École d’Oshogbo, internationalement reconnue et commercialisée. Le Musée des Arts africains de Washington leur consacre maintenant une importante exposition baptisée « Une vision sculptée dans le béton. L’art à Oshogbo dans les années 1960 ». Chacun des onze artistes – peintres et sculpteurs – est représenté par plusieurs œuvres, mais l’accent est mis plus particulièrement sur Adebisi Akanji né en 1930, créateur de quatre sculptures intitulées écrans. Dans ces panneaux verticaux ajourés, le béton armé est utilisé à la manière du plomb dans les vitraux médiévaux, pour dessiner des formes. Akanji, maçon de son métier, y fait vivre les personnages qui l’entourent quotidiennement : joueur de tambour, danseur, chauffeur au volant d’une voiture, femmes se rendant au marché. Il sculpte comme il voit, avec le même dédain que les sculpteurs du passé pour le réalisme à l’européenne, la même puissance évocatrice qui fait surgir des personnages vivants en action.

WASHINGTON, National Museum of African Art, jusqu’au 22 octobre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°514 du 1 mars 2000, avec le titre suivant : L’École d’Oshogbo

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