Art ancien

XVIIIE SIÈCLE

Le XVIIIe siècle revisite l’Antique

Par Lorraine Lebrun · Le Journal des Arts

Le 15 juillet 2021 - 397 mots

RAMBOUILLET

Le château de Rambouillet présente un parcours révélant la nouvelle esthétique fondée sur l’Antiquité, dans l’art et le mobilier, tant prisée sous Louis XVI et Napoléon Ier.

Un panorama de Rome de 4,50 mètres de long ouvre le parcours. Cette œuvre de Louis Le Masson (de 1779) présente la Rome antique et moderne entremêlée. Elle a constitué le point de départ de l’exposition, comme l’explique le commissaire Gabriel de Wick, « car elle illustre le début d’une réflexion sur la Rome antique dans les années 1770 ».

En effet, avec les redécouvertes d’Herculanum (1709) et de Pompéi (à partir de 1748), mais aussi avec le développement du « Grand Tour » [de jeunes aristocrates entreprennent un long voyage en Europe pour parfaire leur éducation ; cette expression donnera plus tard le mot tourisme], toute l’élite européenne se passionne pour les ruines antiques. Se développe alors une nouvelle esthétique fondée sur l’Antiquité, qui se répand jusqu’aux intérieurs royaux : Louis XVI commande à son directeur des Bâtiments du roi, le Comte d’Angiviller, un projet de restauration à l’antique du château de Rambouillet ; seule la Laiterie dessinée par Hubert Robert, sous la forme d’un temple antique, est réalisée pour la reine ; Napoléon Ier, quant à lui, fait décorer sa salle de bains rambolitaine dans un style pompéien.

C’était la volonté des commissaires de l’exposition que d’adosser le parcours à ces décors existants, témoignages des liens entre ce mouvement artistique et l’histoire du château, afin « d’explorer ce grand courant néo-classique qui influença les arts et les modes de vie », selon Gabriel de Wick.

Un air d’Antiquité

Une cinquantaine d’œuvres, de l’impressionnante maquette en liège du Colisée à celle de la salle de bains de Mademoiselle Dervieux, montrent comment les découvertes archéologiques de l’époque ont attisé l’imaginaire des contemporains et permis un renouvellement de l’esthétique dans tous les pans de la vie quotidienne : l’architecture, les arts de la table de Wedgwood à Sèvres, le mobilier… Dans le salon de réception, de grands panneaux peints à motif de grotesques des années 1780, accompagnés de pièces de mobilier, aident à se représenter la décoration intérieure de l’époque.

Point d’orgue de l’exposition, la Laiterie de la reine, où le service à l’étrusque de Sèvres et le mobilier, dessinés par Hubert Robert, inspiré par les motifs des objets découverts à Herculanum et Pompéi, retrouvent pour la première fois le lieu pour lequel ils ont été conçus.

Vivre à l’antique. De Marie-Antoinette à Napoléon Ier,
jusqu’au 9 août, Château de Rambouillet, 78120 Rambouillet.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°570 du 25 juin 2021, avec le titre suivant : Le XVIIIe siècle revisite l’Antique

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