Dimanche 22 septembre 2019

Nîmes (30)

Le Vietnam sort de l’ombre

Carré d’art, Musée d’art contemporain - Jusqu’au 27 avril 2014

Par Céline Piettre · L'ŒIL

Le 20 mars 2014 - 308 mots

Vu son absence des cimaises françaises, on aurait pu croire à l’inexistence d’une scène actuelle vietnamienne.

Elle existe pourtant bel et bien, victime de la censure certes, privée de réseaux et, à quelques exceptions près, de centres d’art, mais elle tient bon, jeune et vive. À l’occasion de l’année du Vietnam en France, le Carré d’art présente huit de ses représentants pour la première fois dans l’Hexagone. Huit artistes qui sont tous nés au Vietnam et l’ont pratiquement tous quitté pour étudier à l’étranger. De retour chez eux, les voilà devenus archéologues de leur propre histoire, fouillant les mémoires minées de stéréotypes. Huit artistes qui ont pris l’habitude de se réunir à Sàn Art, un lieu d’expos indépendant de Hô Chi Minh-Ville dirigé par Zoe Butt, commissaire de l’exposition nîmoise. « Ils ont à cœur de montrer la pluralité culturelle du Vietnam, que l’on réduit trop souvent à la guerre (dans sa version hollywoodienne) ou au bouddhisme », explique celle-ci.

Une histoire rendue plus complexe par l’art donc, qui irrigue le parcours, des peintures hantées par l’art occidental de Nguyen Thai Tuan où l’artiste, acéphale et mains liées, tourne le dos à son passé – ou à son futur –, aux cartographies de Lêna Bùi, réinterprétant les statistiques de la grippe aviaire. Beaucoup de vidéos ici, mais quelques temps morts dans l’accrochage. En guest star « bling bling » : le pendentif géant du Propeller Group à l’effigie de Lénine. On lui préférera l’installation Erasure de Dinh Q. Lê, évoquant l’exode massif de 1975 pendant lequel des milliers de Vietnamiens fuirent le pays sur des bateaux de fortune, et le film de Jun Nguyen-Hatsushiba qui fait déferler sur la baie d’Ha Long des peintres « sur le motif » aux gestes mécanisés, leurs barques prises entre les tourbillons de la mondialisation et les contre-courants d’une tradition postcoloniale tenace.

« Chorégraphies suspendues »

Carré d’art, Musée d’art contemporain, 16, place de la Maison-Carrée, Nîmes (30)
carreartmusee.nimes.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°667 du 1 avril 2014, avec le titre suivant : Le Vietnam sort de l’ombre

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