Le siècle d’or de Rembrandt

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 23 mars 2009 - 325 mots

L’âge d’or néerlandais, qui s’étendit de 1584 à 1702, porte bien son nom. Pendant cette période, la modeste république des Provinces-Unies (actuellement les Pays-Bas) se hissa au rang de première puissance commerciale du monde et connut un épanouissement culturel d’une rare intensité.

Quinze ans après avoir organisé l’exposition « Paysages au temps de Rembrandt », le musée Albertina célèbre à nouveau la richesse artistique de cette période. Mais à la différence de la précédente exposition, celle-ci présente toutes sortes d’œuvres sur papier (cent quarante au total), parmi lesquelles des dessins, des gravures, des aquarelles, des encres, ainsi qu’une quarantaine de tableaux prêtés par d’autres institutions.

Organisée par ordre chronologique, l’exposition met en avant la transition du style flamand, qui évolue du maniérisme vers un réalisme très particulier, marqué par une multitude de détails et des tonalités monochromes. Dans les portraits, les paysages, les natures mortes, les scènes de genre, notamment les scènes d’hiver par Hendrick Avercamp où grouillent des centaines de personnages, un style typiquement flamand allait naître.

Précurseur d’une peinture de paysages naturalistes en Hollande, notamment de vues maritimes ou fluviales, Jan Van Goyen, à qui l’on a dédié une salle entière, exerça une influence majeure sur la peinture hollandaise en concentrant ses efforts sur un rendu très subtil des nuances du ciel. Dans Paysage marin avec pêcheurs (1646-1650), il évoque avec quelques tons seulement les variations atmosphériques et baigne la toile dans une ambiance mélancolique.

Enfin, c’est bien sûr Rembrandt que l’on attend, lui dont le nom seul suffit à attirer des milliers de visiteurs. On trouve quelques-uns de ses célèbres autoportraits peints (Petit Autoportrait, 1650), mais surtout des dessins, gravures et encres qui montrent à quel point l’artiste dominait tous les supports et tous les genres. Réalisé en 1637 au fusain, dans un style très spontané, L’Éléphant (1637) est l’un des petits bijoux de l’exposition viennoise.

A voir

« Au temps de Rembrandt », musée Albertina, Vienne (Autriche), www.albertina.at, jusqu’au 21 juin 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°612 du 1 avril 2009, avec le titre suivant : Le siècle d’or de Rembrandt

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