Jeudi 13 décembre 2018

Paris-8e

Le retour gagnant d’Albin Guillot

Jeu de Paume jusqu’au 12 mai 2013

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 22 mars 2013 - 325 mots

Un an après Berenice Abbott, le Jeu de Paume rend hommage à une autre grande dame de la photographie, Laure Albin Guillot (1879-1962), une artiste adulée de son vivant puis tombée en désuétude, en raison d’un style jugé trop classique.

Classique, certes, mais aussi inclassable : en trente ans de carrière, elle s’essaie à tous les genres : portrait, nu, publicité, livre d’art et même photographie scientifique. C’est cette personnalité prolifique et multifacette que permet de redécouvrir cette riche rétrospective, la première que lui consacre un musée français.

Proche des créateurs de l’entre-deux-guerres, elle traduit parfaitement l’atmosphère et l’esthétique de cette époque, aspirant à un idéal de modernité classique. C’est d’ailleurs parmi les artistes et les intellectuels des années folles qu’elle trouve ses meilleurs modèles – Jean Cocteau, Colette ou encore Ruhlmann – qu’elle immortalise dans des portraits poétiques et élégants.
Très appréciée du milieu littéraire, elle collabore également avec les grands auteurs de son temps, notamment Paul Valéry avec qui elle réalise de précieux livres d’art. En marge de ces activités, elle s’illustre aussi dans la photographie publicitaire, les marques de mode et de cosmétiques se l’arrachant pour son style sobre, sachant magnifier les produits.

Plus surprenant, cette passionnée de science travaille aussi pour l’industrie pharmaceutique et développe, en parallèle, un travail de photographie scientifique qu’elle publie, en 1931, dans Micrographie décorative. Un recueil de photographies de planches microscopiques recouvertes de minéraux ou de végétaux, au potentiel extrêmement décoratif. Car, dans le débat qui anime alors les photographes, elle adopte un point de vue original. « À la question de savoir si la photographie est un art ou une technique documentaire, elle prône une troisième voie, celle de la photographie décorative », précise Delphine Desveaux, co-commissaire de l’exposition. Une ambition qui explique sans doute la diversité et l’inventivité d’un travail, pas si classique que ça, finalement.

Voir

« Laure Albin Guillot (1879-1962), l’enjeu classique », Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, Paris-8e, www.jeudepaume.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°656 du 1 avril 2013, avec le titre suivant : Le retour gagnant d’Albin Guillot

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