Le premier or de l’humanité

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 décembre 2003

Cinquième millénaire avant J.C., les habitants de l’Europe occidentale profitent des bienfaits de la révolution néolithique mais ne connaissent pas encore les métaux. À la même époque en Bulgarie, au contraire, une société structurée vit déjà en villages organisés. Une importante industrie minière du cuivre et une exploitation de l’or se font jour. C’est là, sur les bords de la mer Noire qu’est née la plus ancienne civilisation de l’Europe.
Ce tournant de l’histoire a été révélé entre 1972 et 1990 grâce à la découverte de la nécropole de Varna et de ses deux cent quatre-vingt-une sépultures. Les objets déposés dans chaque tombe reflètent le statut du défunt. Les plus riches contenant des objets précieux et symboliques sont interprétées comme des tombes princières. Pour celles où l’or voisine avec des outils en cuivre ou en pierre, on pense qu’il s’agissait d’artisans et l’on note une association entre certains personnages à rang social élevé et une activité métallurgique.
Dans les tombes les moins riches, l’or était rare ou remplacé par de la céramique. D’où venait cet or ? Des Balkans essentiellement quoique pour certaines pièces, la présence de platine suggère une origine plus lointaine, l’Oural ou le Caucase.
À proximité des nécropoles, des vestiges d’habitats révèlent une organisation et un plan d’ensemble. Les maisons de plusieurs pièces groupées en hameaux sont protégées par de hautes palissades en bois. Les résultats de ces recherches sont exposés au musée des Tumulus de Bougon où l’on admire ces premiers objets d’or martelés par une main humaine, perles, bracelets ou petites appliques zoomorphes évoquant un bovidé. Sur les cinq mille pièces exposées, un millier est en or, d’autres sont des poteries. Ces objets prestigieux provenant du Trésor national bulgare n’ont pour la plupart jamais été montrés en France et permettent de célébrer avec éclat les dix ans de ce remarquable musée de Bougon qui s’attache à faire revivre la préhistoire et se veut « un livre ouvert sur l’aube de l’humanité ».

BOUGON (79), musée des Tumulus, la Chapelle, tél. 05 49 05 12 13, 13 septembre-31 décembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°553 du 1 décembre 2003, avec le titre suivant : Le premier or de l’humanité

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