Mercredi 19 décembre 2018

Le monde parallèle de Tatiana Trouvé

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 mars 2005 - 240 mots

« Extraits d’une société confidentielle », on dirait presque le titre d’un roman mais c’est celui de l’exposition de Tatiana Trouvé. Découverte, encouragée, portée à ses débuts par le Frac Provence-Alpes-Côte-d’Azur, déjà heureux propriétaire de nombreuses installations, la jeune femme revient à Marseille avec dans ses bagages les structures de trois Polders inédits. Ils s’ajouteront aux modules et autres pôles de la société autofictionnelle, tentaculaire et obscure surgie de l’esprit prolifique de l’artiste. Ses Polders sont des maquettes construites à l’échelle d’un enfant, des structures de métal, de cuir mais aussi parfois de chocolat ou de charcuterie plongent à coup sûr le spectateur dans le doute et la circonspection. Parasites ou prothèses pour les lieux qu’ils investissent, ils prolifèrent, circuits d’un microprocesseur géant ou méandres d’un cerveau dont l’intelligence aurait un potentiel incommensurable. Un formidable réservoir à possibilités, à probabilités, à fantasmes, à envies et à frustrations absoutes de toute amertume ; une machine active qui constitue le cœur de Tatiana Trouvé depuis une petite dizaine d’années. Énigmatique, cette œuvre conceptuelle s’incarne dans des œuvres sensuelles et inquiétantes, cliniques autant qu’organiques dans lesquelles il faut accepter d’abandonner ses certitudes pour se laisser aller aux projections, à l’intuition. L’implicite, tel serait le maître mot, la clef pour ouvrir les microsociétés que planifie cette jeune artiste.

« Tatiana Trouvé : extraits d’une société confidentielle », MARSEILLE (13), Frac Paca, 1 place Francis Chirat, IIe, tél. 04 91 91 27 55, jusqu’au 2 avril.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°567 du 1 mars 2005, avec le titre suivant : Le monde parallèle de Tatiana Trouvé

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