Mercredi 11 décembre 2019

Neuchâtel (Suisse)

Le Men cultive le droit à l’audace

Musée d’ethnographie de Neuchâtel Jusqu’à l’automne 2018

Par Éric Tariant · L'ŒIL

Le 22 février 2018 - 319 mots

Entrecroisements d’objets d’art anciens et contemporains, de pièces ethnologiques avec des reliques ou icônes de la société de consommation ; parti pris de transversalité ; (auto)critique sur la manière d’exposer des objets ethnographiques ; télescopages, autour de grandes questions anthropologiques, entre pièces appartenant à des champs géographiques, ethniques et chronologiques très différents.

Fermé pendant plusieurs années, le temps de rénover et de réaménager ses espaces, le Musée d’ethnographie de Neuchâtel (Men) a rouvert ses portes, fin novembre 2017, avec « L’Impermanence des choses », qui s’inscrit dans le droit fil des grandes expositions du musée. On retrouve dans cette mise en scène, organisée sous la forme de tableaux poétiques, la patte du Men, la même volonté de « déranger, de troubler et de donner à penser » qui était celle de Jacques Hainard, conservateur du musée de 1980 à 2006.

L’humour, mâtiné de provocation, est présent dès la seconde salle du parcours intitulée « Poids ». On y découvre, derrière des vitrines, mille poids ashanti à peser l’or qui sont autant d’invitations à réfléchir au poids de l’histoire coloniale et aux relations de domination entre peuples.
Aménagée de façon à recréer l’atmosphère ouatée du salon d’un diplomate, la salle « Ambassades » est une charge iconoclaste contre les cadeaux officiels destinés à imposer une certaine image des autorités qui les offrent, à aplanir les différends ou à séduire.
Au premier étage de la villa, « Bazars » évoque, de manière caustique, les parcours tortueux souvent suivis par les objets. Qu’ils aient été rapportés par des missionnaires férus d’art nègre, des administrateurs coloniaux ou des amateurs fortunés qui ne sont pas toujours parvenus à distinguer les objets authentiques des faux. « Nous nous donnons le droit de l’audace ou d’associations poétiques. Déranger, c’est se situer là où l’on ne nous attend pas », observe Marc-Olivier Gonseth, le directeur du Men, qui passera la main en mai 2018.
 

INFORMATIONS

« L’Impermanence des choses »,
Musée d’ethnographie de Neuchâtel, 4, rue Saint-Nicolas, Neuchâtel (Suisse), www.men.ch

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°710 du 1 mars 2018, avec le titre suivant : Le Men cultive le droit à l’audace

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