Centre national du costume de scène et de la scénographie - Moulins (03)

Le décor sur le devant de la scène

Jusqu’au 20 mai 2012

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 23 février 2012 - 396 mots

Dans le sigle du Centre national du costume de scène et de la scénographie, CNCS, la scénographie passe souvent à la trappe de la scène malgré sa présence dans le S final et dans les collections.

Principalement constitué d’éléments de mécanisme et d’immenses toiles peintes, ce fonds, provenant de l’Opéra de Paris et de la Comédie-Française, est complexe à valoriser par son volume et sa disparité. L’exposition, la première qui lui est consacrée depuis l’ouverture du centre en 2006, propose de passer derrière le rideau, dans l’univers des décorateurs et des metteurs en scène… en attendant la création d’un lieu dédié à la conservation et à l’exposition de ce patrimoine.

Le propos se concentre sur le XIXe siècle, un temps où le théâtre et l’opéra sont contraints de s’adapter au changement de sensibilité du public. Celui-ci, avide d’émotions et de grands effets, délaisse les scènes classiques pour celles plus populaires des Grands Boulevards et pour les spectacles d’optique comme le diorama (1822). La tragédie laisse place à un nouveau répertoire fait de drames, de ballets et d’opéras romantiques. La mise en scène sert désormais le goût nouveau du grandiose grâce à une véritable science du spectacle : explosions, fumées, glaces sans tain et jeux de lumière simulent les éléments naturels, l’aube et le crépuscule, les destructions et l’apparition de fantômes. Les costumes et les accessoires s’illuminent, le jeu de lumière sur les robes des danseuses évoque la chorégraphie symboliste de Loïe Fuller. Parmi ces savants de l’illusion, on croise un certain Daguerre, peintre en chef et spécialiste de la lumière scénique avant d’être l’inventeur du daguerréotype.

La scénographie de l’exposition, confiée à deux connaisseurs du milieu, est conçue comme une métaphore filée de la scène. Le visiteur jette un coup d’œil par l’œilleton du rideau puis entre dans les coulisses. Le parcours ludique décrypte les trucages et met en scène, par thématiques, les maquettes de pièces majeures, illustrées par les très belles lithographies de la BnF : Robert le Diable et le goût du médiéval, Moïse et les catastrophes naturelles, Aïda et l’exotisme de la salle du pharaon. La scène finale de l’exposition se passe dans un premier dessous de scène, sous le plateau. Les machines à vent, à pluie et à tonnerre sont en place. Les trois coups résonnent déjà  !

Voir « L’Envers du décor »

CNCS, quartier Villars, route de Montilly, Moulins (03), www.cncs.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°644 du 1 mars 2012, avec le titre suivant : Le décor sur le devant de la scène

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