Dimanche 17 novembre 2019

Odyssée

L’aventure de l’obélisque

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 25 février 2014 - 485 mots

Le Musée de la Marine retrace l’extraordinaire épopée que constitue le voyage de l’obélisque parisien, depuis Louxor jusqu’à la place de la Concorde.

PARIS - La question est un classique des jeux de société : « Quel est le plus vieux monument de Paris ? ». L’obélisque de Louxor ! Qui sait, cependant, comment cette aiguille haute de 22 mètres et pesant près de 23 tonnes a trouvé le chemin de la place de la Concorde depuis les rives du Nil ? Heureux propriétaire de nombreux documents sur ce sujet inédit, le Musée national de la Marine retrace le périple riche en rebondissements vécu par l’obélisque, gardien du temple de Louxor pendant plus de trente siècles. S’adressant à tous les publics, passionnés d’égyptologie, de marine ou encore d’ingénierie, cette exposition-dossier ne néglige aucun détail de l’histoire et se lit tel un roman d’aventure – du cadeau fait par le vice-roi d’Égypte, Mehmet-Ali, en 1829, à l’érection du monolithe au pied des Champs-Élysées devant des dizaines de milliers de Parisiens en 1836.

Des trésors d’ingéniosité
À défaut de s’attarder sur les méthodes rudimentaires imaginées par les Égyptiens pour sculpter l’obélisque, l’extirper de sa carrière de granit à Assouan et l’ériger à 300 kilomètres de là, les commissaires Alain Niderlinder, ancien conservateur adjoint et Marie-Pierre Demarcq, bibliothécaire au musée, se sont concentrés sur la période française et les ressources d’ingéniosité déployées par les hommes chargés du transport. Jean-François Champollion apparaît comme celui ayant eu la première bonne idée de l’affaire : lorsque Mehmet Ali propose à la France le don des deux obélisques d’Alexandrie, l’égyptologue leur préfère le couple équivalent de Louxor, certes en amont du Nil mais en bien meilleur état. Soucieux de moderniser son pays, le vice-roi est plus intéressé par la technologie française et britannique et accepte sans ciller de se débarrasser des deux monolithes qu’il considère comme des débris de l’ancienne civilisation.

Dessins, plans architecturaux, splendides maquettes, vidéos et documents originaux font revivre le périple inimaginable du Louxor, navire construit spécialement pour cette mission qui, des rives du Nil au pont de la Concorde, dura près de cinq ans. Les fresques en pierre représentant des babouins adorateurs du Soleil qui ornaient le socle ont été jugées impudiques et sont aujourd’hui au Musée du Louvre. Mais qu’en est-il du second obélisque promis par Mehmet Ali ? L’opération fut si coûteuse sur les plans humain et financier que la France n’a pas souhaité la renouveler. L’aiguille a été « restituée » à l’Égypte en 1981, et veille toujours sur l’entrée du temple d’Amon.

Le voyage de l’Obélisque Louxor/Paris (1829-1836)

Jusqu’au 6 juillet 2014, Musée national de la Marine, 17, place du Trocadéro, 75116 Paris, tél. 01 53 65 69 69, www.musee-marine.fr, tlj sauf mardi, 11h-18h en semaine, 11h-19h le week-end, fermé le 1er mai.
Album de l’exposition, Éditions du Musée national de la Marine, 32 p., 8 €.
« L’Odyssée de l’obélisque », film d’Olivier Lemaître, Séquana média, 52 minutes, diffusé sur France 5 le dimanche 16 mars à 9h10.

Légende photo

Atelier du musée de la Marine, Abattage de l’Obélisque de Louqsor, 1847, maquette au 1/66. © Photo : Musée national de la Marine/A. Fux.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°408 du 28 février 2014, avec le titre suivant : L’aventure de l’obélisque

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