Art contemporain

Paris-4e

La gravure, comme un espace ouvert aux signes

Centre Wallonie-Bruxelles - Jusqu’au 17 février 2019

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 21 janvier 2019 - 325 mots

PARIS

Pour fêter ses 30 ans d’existence, le Centre de la gravure de La Louvière, entre autres manifestations, marque l’événement par une exposition à Paris présentant une centaine d’œuvres signées par trente-six artistes, toutes sorties d’une collection, celle du Centre de la gravure de La Louvière, qui en compte 13 500.

Une telle sélection est forcément subjective et réductrice. Pour lui donner sens et cohérence, la commissaire Catherine de Braekeleer l’a placée sous les auspices de Jacques Lacarrière. À la suite de l’écrivain qui estime que c’est le chemin qui guide les pas du promeneur, elle propose cinq pistes en évitant, avec raison, d’imposer au visiteur une progression balisée afin de le laisser libre de fixer son circuit et ses étapes. Pari audacieux effectivement tenu. Malgré des inégalités, la qualité est de mise, et quelques pièces secondaires font par contrepoids apprécier les autres. Accueilli par les paires de Palladium1 (sérigraphie de Thierry Wesel), guidé par le sémiologue, le géographe, l’historien ou « le coureur de fond », chacun choisit donc son itinéraire. Le visiteur peut constater que, quel que soit le thème, l’acte créateur de l’artiste confronté à l’espace encore vierge de la feuille, de la planche ou de la plaque est d’abord un passage, une trace, une empreinte. En témoignent l’élégant La Esa d’Antoni Tàpies, les essais de transcription des vibrations du monde chez Kikie Crêvecœur, le souvenir de son drame vécu pour Zoran Music, les rythmes explorés par Pol Bury ou la critique des dérives d’une société sous l’objectif de Martin Parr. Ces confrontations sont l’occasion d’apprécier la diversité des techniques et l’étendue des effets qu’elles permettent d’obtenir. Elles mettent également en évidence la modernité de la gravure, que d’aucuns « cantonnent à tort aux œuvres en noir et blanc de Callot et Dürer ». De l’aquatinte et la lithographie à l’exigeante manière noire et l’impression numérique pigmentaire – l’ultime découverte – on a le sentiment en l’achevant que ce parcours, au vrai iconoclaste, sort des sentiers battus.

« Chemin faisant, à travers les collections du Centre de la gravure de La Louvière »,
Centre Wallonie-Bruxelles, 127-129, rue Saint-Martin, Paris-4e, www.cwb.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°720 du 1 février 2019, avec le titre suivant : La gravure, comme un espace ouvert aux signes

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