Dimanche 8 décembre 2019

Art contemporain

La Fondation Gandur continue son tour d’Europe

Par Léa Lootgieter · Le Journal des Arts

Le 3 janvier 2012 - 477 mots

MONTPELLIER

La nouvelle présentation des « Sujets de l’abstraction » au Musée Fabre met aussi à l’honneur les œuvres de Pierre Soulages.

MONTPELLIER - Après son passage au Musée Rath de Genève (lire le JdA n° 348), l’exposition « Les sujets de l’abstraction », issue de la collection d’art non-figuratif de la Fondation Gandur pour l’Art, s’invite au Musée Fabre. Cette programmation n’est pas innocente puisque l’institution montpelliéraine possède un fonds important d’artistes de la seconde école de Paris, notamment trente-deux toiles de Pierre Soulages et un ensemble de dons, acquisitions et dépôts de la galerie parisienne Jean Fournier. De surcroît, Michel Hilaire, directeur du Musée Fabre, et Jean Claude Gandur partagent une même ambition, celle de réhabiliter un courant artistique qui a longtemps souffert de sa comparaison avec l’expressionnisme abstrait américain.

L’exposition présente cent une œuvres, parmi les trois cents tableaux que possède la Fondation Gandur. La sélection, effectuée par Éric de Chassey, directeur de la Villa Médicis à Rome, permet d’appréhender le contexte dans lequel les artistes évoluaient : un Paris meurtri par les horreurs de la guerre. En réponse à la déshumanisation, Jean Fautrier défigure son sujet dans Sarah (1943), Simon Hantaï s’adonne à un geste destructeur dans Sans titre (1956) tandis que Nicolas De Staël choisit, à l’inverse, la reconstruction avec Fleurs blanches et jaunes (1953). L’accent est également mis sur le caractère cosmopolite d’un courant, souvent vu comme nationaliste, avec la présence de Zao Wou-Ki, Maria Vieira da Silva et du groupe CoBrA. Si le découpage thématique est le même qu’au Musée Rath, la muséographie, proposée ici par Michel Hilaire, a sensiblement changé. Là où l’établissement suisse avait pris le parti de disposer les salles monographiques sur Georges Mathieu, Hans Hartung, Gérard Schneider et Pierre Soulages en conclusion de l’exposition – une manière de montrer l’attrait particulier du collectionneur pour ses quatre artistes –, le Musée Fabre les a intégrés dans son parcours. Les cimaises percées permettent aux visiteurs d’établir un dialogue avec les différents courants, au centre desquels se trouvent la salle dédiée à Pierre Soulages et son œuvre monumentale Peinture 202 x 255 cm, 18 octobre 1984. Un tableau qui ne rentre pas dans la perspective chronologique de départ (1946-1962) et qui se retrouve pourtant au cœur de la manifestation. À trop vouloir établir un dialogue entre l’exposition temporaire et les collections permanentes, le parcours du Musée Fabre a perdu en lisibilité.

LES SUJETS DE L’ABSTRACTION. PEINTURE NON FIGURATIVE DE LA SECONDE ECOLE DE PARIS (1946-1962), 101 CHEFS-D’ŒUVRE DE LA FONDATION GANDUR POUR L’ART

 


Commissaire scientifique : Éric de Chassey, Directeur de l’Académie de France à Rome, Villa Médicis
Commissaire au Musée Fabre : Michel Hilaire, directeur du Musée Fabre
Nombre d’œuvres : 101

Jusqu’au 25 mars 2012, Musée Fabre de Montpellier Agglomération, 39, bd Bonne Nouvelle, 34000 Montpellier, tél. 04 67 14 83 00, www.montpellier-agglo.com/museefabre, tlj sauf lundi 10h-18h

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°360 du 6 janvier 2012, avec le titre suivant : La Fondation Gandur continue son tour d’Europe

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