Âge du fer

La culture de Golasecca au Musée d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye

Passeurs des Alpes

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 19 janvier 2010

Une exposition met en lumière la culture de Golasecca, intermédiaire entre mondes méditerranéen et celte

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE - Les objets sont moins impressionnants que ceux issus de quelques sépultures princières celtes, exposés à l’étage supérieur, au sein des collections permanentes du Musée d’archéologie nationale. Mais quelques pièces font office de véritables curiosités, tel ce nécessaire de toilette en argent massif de Rebbio (Museo Civico Archeologico Paolo Giovo, à Côme) qui réunit six ustensiles (cure-ongle, cure-oreille ou spatules pour le maquillage…) constituant un élégant pendentif. Plus que la rareté de ce type d’objet, c’est sa préciosité qui en fait un unicum. Toutes les pièces archéologiques réunies ici, dans les galeries basses du château de Saint-Germain-en-Laye, sont apparentées à une communauté de l’âge du fer européen, appelée culture de Golasecca (vers 900 av. J.-C.-388 av. J.-C.). Son nom lui vient de la commune italienne, située au nord du Pô, où ont été fouillées les premières tombes à partir de 1822 par un jeune abbé, Giovanni Battista Giani. Ce dernier, qui ne pensait pas avoir affaire à une culture si ancienne, avait alors exhumé les vestiges d’une brillante communauté italique périphérique qui allait disparaître avec l’invasion gauloise de 388 av. J.-C.

Acquisition précoce de l’écriture
Habiles artisans et marchands actifs, les habitants de Golasecca ont essaimé bien au-delà de l’arc alpin – certains objets ont été découverts jusque dans le bassin de la Seine –, jouant le rôle de tête de pont entre les mondes méditerranéen et celte. Leurs villes étaient organisées d’après un urbanisme fonctionnel, comme l’ont révélé des découvertes près de Côme, où une ville protohistorique, avec ses maisons de plan rectangulaire, ses enclos liturgiques et sa nécropole, a été partiellement mise à jour. Les Golasecchiani se sont également illustrés dans un autre domaine : dès la première moitié du VIe siècle av. J.-C., ils acquièrent précocement l’écriture en adaptant l’alphabet de leurs voisins étrusques. Si la culture de Golasecca est considérée sous un jour nouveau par les chercheurs, sa connaissance demeure toutefois lacunaire. Plus de 70 % des objets découverts (objets de banquet, parures ou armes…) l’ont été en contexte exclusivement funéraire, ce qui limite le champ des investigations. Le Musée d’archéologie nationale, qui a acquis dès 1867 des lots relatifs à Golasecca, révèle donc, avec cette exposition d’une grande clarté, une culture protohistorique encore largement méconnue des non-spécialistes.

GOLASECCA

Commissariat : Christine Lorre, conservatrice du département d’Archéologie comparée au Musée d’archéologie nationale ; Veronica Cicolani, doctorante à l’université de Tours et chargée de mission au Musée d’archéologie nationale
Scénographie : Cécile Degos

GOLASECCA. DU COMMERCE ET DES HOMMES Â L’ÂGE DU FER, jusqu’au 26 avril, Musée d’archéologie nationale, château de Saint-Germain-en-Laye, place Charles-de-Gaulle, Saint-Germain-en-Laye, tél. 01 39 10 13 00, www.rmn.fr , tlj sf mardi 10h-17h15. Catalogue, éd. RMN, 176 p., 160 ill., 35 euros, ISBN 978-2-7118-5675-6

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°317 du 22 janvier 2010, avec le titre suivant : La culture de Golasecca au Musée d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye

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