Venise (Italie)

La beauté selon Irving Penn

Palazzo Grassi - Jusqu’au 31 décembre 2014

Par Christine Coste · L'ŒIL

Le 16 mai 2014 - 333 mots

Jusqu’à présent, la collection de photographies de François Pinault n’avait livré que des morceaux choisis de sa partie contemporaine à travers des expositions thématiques : Cindy Sherman, Hiroshi Sugimoto, Andres Serrano…

Avec Irving Penn (1917-2009) au Palazzo Grassi, Matthieu Humery et Pierre Apraxine signent la première exposition photo de la Fondation Pinault. Le choix de ce grand nom de la photographie ne doit évidemment rien au hasard. Le fonds Irving Penn forme un bel ensemble cohérent dans la partie auteurs historiques de la collection justement amorcée en 2007 avec l’achat auprès de Matthieu Humery (directeur alors du département photo de Christie’s à New York) du portrait intrigant fait par Penn d’un couple d’enfants démunis de Cuzco accoudés à une table (Cuzco Children), aux attitudes déjà d’adultes et le regard pénétrant. Tout un symbole à ricochet, donc, que cette première exposition photo et cette première image de 1948, retirée au platine, que l’on retrouve dans le parcours. Tout aussi marquant, le propos des deux commissaires axé sur la démarche créative de Penn, plus particulièrement sur le retirage à partir des années 1970 de ses images réalisées pour les magazines de mode, Vogue notamment, avec ce procédé luxueux, aux variations de gris subtil illimitées et aux qualités esthétiques exceptionnelles.

On pourrait l’oublier : le photographe légendaire de studio que fut Penn tant pour la mode, les natures mortes que ses travaux ethnographiques ou ses portraits, fut également un immense tireur qui explora de nombreux procédés de tirage. C’est ce que montre subtilement le parcours, à travers ces différents thèmes abordés de salle en salle avec les tirages au platine du photographe, plus beaux les uns que les autres, et, en résonance, posée en début du parcours dans une pièce noire plongée dans l’obscurité, une sélection d’internégatifs pour la première fois révélés. Ils marquent l’étape intermédiaire qui permet de passer d’une image faite pour un magazine à un objet photographique. Supports ensuite de toutes les manipulations du photographe, leur installation permet d’en prendre la mesure. Fascinant.

« Irving Penn. Resonance »

Palazzo Grassi, Campo San Samuele 3231, Venise (Italie)
www.palazzograssi.it/fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°669 du 1 juin 2014, avec le titre suivant : La beauté selon Irving Penn

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