Samedi 15 décembre 2018

Musée Hector Berlioz, La Côte-Saint-André (38)

Jongkind, le méconnu

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 28 octobre 2009 - 352 mots

Le musée Hector Berlioz, installé dans la maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André (Isère), présente plus d’une centaine de dessins, aquarelles, eaux-fortes et huiles sur toile d’un artiste né aux Pays-Bas : Johan Barthold Jongkind (1819-1891).

L’événement est suffisamment rare pour que l’on se rende dans ce charmant village du Dauphiné où le peintre a passé ses dernières années.
« Un artiste qui peint de la sorte est un maître, non pas un maître aux allures superbes et colossales, mais un maître intime qui pénètre avec une rare souplesse dans la vie de la nature. Il faut être singulièrement savant pour rendre le ciel et la terre avec cet apparent désordre et cette intelligence des détails et de l’ensemble. Ici tout est original, le métier, l’impression, et tout est vrai, parce que le paysage entier a été pris dans la réalité avant d’avoir été vécu par un homme… » En quelques lignes, Émile Zola dresse le portrait de ce peintre trop mal connu. Formé à l’atelier parisien d’Isabey, il vécut la plus grande partie de sa vie en France.
Paysages irradiés par la lumière dorée des clairs de lune hollandais, marines lumineuses aux horizons bas de la mer du Nord, vues de la côte normande ou de Paris avec ses ponts et ses rives animées, l’exposition met en valeur le parcours atypique de cet artiste que les historiens de l’art s’accordent à considérer comme le précurseur de l’impressionnisme en France.
La période qui s’étend de 1878, date à laquelle le peintre s’installe à La Côte-Saint-André, jusqu’à sa mort en 1891, est particulièrement bien représentée. Jongkind arpente les paysages accidentés du Dauphiné, croque en trois coups de crayon une silhouette ou un attelage, exécute de nombreuses aquarelles. Certaines sont prises sur le vif en quelques secondes. D’autres, plus élaborées, serviront de point de départ à des toiles réalisées à l’atelier. Peintre à la facture assez classique à ses débuts, Jongkind n’a cessé de tendre vers toujours plus d’audacieuse liberté.

« Jongkind, des Pays-Bas au Dauphiné », musée Hector Berlioz, 69, rue de la République, La Côte-Saint-André (38), www.musee-hector-berlioz.com, jusqu’au 31 décembre 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°618 du 1 novembre 2009, avec le titre suivant : Jongkind, le méconnu

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