Mercredi 24 octobre 2018

James Lee Byars ou la pensée parfaite

L'ŒIL

Le 1 octobre 1999 - 253 mots

The Perfect Thought... La perfection, quête perpétuelle de l’artiste-penseur américain James Lee Byars. Né en 1932 à Détroit, il poursuit des études de psychologie, d’art et de philosophie avant de partir au Japon. Son intérêt pour les cultures orientales ne se démentira jamais, ni son goût pour la mise en scène d’ailleurs. À l’occasion de la Documenta 5 à Cassel en 1972, Byars, vêtu de blanc, s’installe au sommet de la façade du Musée Fredericianum. En 1974, il récidive en inscrivant dans le ciel : « La plus belle lettre d’amour c’est d’écrire je vous aime dans un souffle d’air ».    
On l’aura compris, ce dandysme n’est que le signe le plus manifeste d’une réflexion philosophique. L’exposition présentée à la Maison Levanneur est la première consacrée en France à un aspect particulier de son art, les œuvres sur papier. Ces livres mais aussi ces documents éphémères ou reliques d’actions réalisés en plus ou moins grand tirage ont été édités à l’occasion des multiples performances de Byars. Le visiteur se confronte ici à une sphère, forme minimale, pure, à côté de laquelle se trouve The Cube Book. Ce catalogue de forme cubique comporte 1800 pages blanches sous couverture blanche, sans impression, avec à l’intérieur des textes, tous en majuscules. Quelque temps avant sa mort, en 1997, Byars, qui ne voyait pas de rupture entre la vie, l’art et la mort, laissa cette phrase, une dernière contribution à son questionnement : « Perfect is my death word ».

CHATOU, Maison Levanneur, 9 octobre-9 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°510 du 1 octobre 1999, avec le titre suivant : James Lee Byars ou la pensée parfaite

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