Mardi 18 décembre 2018

Mons (Belgique)

Gérard Garouste, source de joie

BAM – Musée des beaux-arts jusqu’au 29 janvier 2017

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 13 décembre 2016 - 316 mots

« Je n’ai pas envie d’inventer une peinture […]. Je ne crois plus, pour un artiste, aux effets de l’originalité.

Être iconoclaste pour être iconoclaste, tous les grands artistes du XXe siècle l’ont été. À un moment donné, l’idée, c’est de remonter aux origines. » Gérard Garouste, l’un des plus importants peintres français actuels, connu tant pour ses tableaux truffés d’énigmes que pour son association à vocation éducative et sociale La Source et son autobiographie poignante L’Intranquille (2009), connaît, au BAM, sa première grande exposition personnelle en Belgique. Cette manifestation montoise, qui fait écho à la fresque pérenne réalisée par l’artiste en 2000 dans la salle des mariages de l’hôtel de ville, d’après le mythe de saint Georges et du dragon, est à vivre telle une expérience physique et visuelle, non chronologique, dans l’œuvre donquichottesque, à savoir à contre-courant des effets de mode, d’un plasticien pour qui « la peinture, c’est la pensée qui passe par la main ». Croisant les regards sur les multiples sources alimentant son travail, psychanalytiques, mythologiques, religieuses ou romanesques, le parcours dévoile plus de cent pièces (peintures, sculptures, installations, carnets, études pour vitraux…) qui invitent à approcher une œuvre théâtrale avançant résolument masquée car cultivant l’entre-deux : Le Classique et l’Indien, Apollon et Dionysos. Bien sûr, si l’on prend plaisir à décrypter ses représentations allégoriques, nourries de mythes fondateurs et de récits anciens ou modernes, de la Bible à Tintin via Don Quichotte, on peut aussi tout bonnement se contenter de savourer, de manière purement rétinienne, une peinture postmoderne dont la virtuosité (couleurs vénitiennes, touche fluide, volutes baroques, représentation maniériste de corps-entrelacs façon Greco ou Chagall) met en joie. À ne surtout pas rater, à mi-parcours, les carnets d’esquisses, jamais exposés, qui offrent une intimité avec un art en rhizome lovant passé et présent, littérature et peinture, l’artiste précisant : « J’y mets des réflexions qui viennent de mes lectures. »

« Gérard Garouste. À la croisée des sources »

BAM – Musée des beaux-arts de Mons, 8, rue Neuve, Mons (Belgique), www.bam.mons.be

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°697 du 1 janvier 2017, avec le titre suivant : Gérard Garouste, source de joie

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