Éloge de la grisaille

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 23 avril 2008

Quelques expositions temporaires permettent encore de défricher de nouveaux sujets d’histoire de l’art. C’est le cas de cette heureuse initiative du musée des Augustins, à Toulouse, qui consacre ses cimaises à la grisaille, un thème qui avait jusque-là été oublié par les théoriciens.

Or cette peinture en monochrome ou camaïeu, parfois également appelée « brunaille », est un sujet universel qui a traversé toute l’histoire de la peinture, depuis l’Antiquité jusqu’au xxe siècle, de la fresque au vitrail. Mais comme toute exposition temporaire relève d’un parti pris, son commissaire, Axel Hémery, conservateur des peintures au musée des Augustins, a choisi de limiter sa réflexion à une soixantaine de peintures de chevalet, datées du xvie au xixe siècle.
De Giovanni Baglione à Jean-Baptiste Carpeaux, la privation volontaire de couleurs a été utilisée à des fins diverses. Sur les volets de retables flamands, les peintres ont parfois voulu imiter la sculpture, créant de somptueux effets de trompe-l’œil. D’autres ont utilisé la grisaille pour composer, après les premiers dessins, des esquisses préparatoires plus abouties. Quelques artistes ont aussi gardé le souvenir de tableaux célèbres avec des copies monochromes.
Si les intentions sont donc plurielles, les résultats le sont aussi et monochromie ne rime pas avec monotonie. Bien au contraire. La maîtrise des nuances dans une palette de couleurs très restreinte autorise des effets d’une grande subtilité, que seuls de grands artistes ont su pratiquer.

Voir

« Pas la couleur, rien que la nuance ! Trompe-l’œil et grisailles de Rubens à Toulouse-Lautrec », musée des Augustins, Toulouse, 21, rue de Metz, Toulouse, www.augustins.org, jusqu’au 15 juin 2008.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°602 du 1 mai 2008, avec le titre suivant : Éloge de la grisaille

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