Deux maîtres internationaux de l’architecture nippone

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 décembre 2006

Archilab rend hommage à deux architectes contemporains, considérés parmi les plus importants de leur génération, lauréats de nombreux prix internationaux : Toyo Ito et Kengo Kuma.

Parallèlement à une exposition collective confiée à deux commissaires japonais et installée aux Subsistances militaires sur environ 1 500 m2, espace dévolu à la ville de Tokyo et à la façon dont une trentaine d’architectes et de studios ont réussi à y « nicher » des habitations, Archilab offre deux monographies : Toyo Ito et Kengo Kuma.

Toyo Ito (né en 1941)
La première monographie, déployée dans les locaux du Frac Centre, est consacrée à une méga star de l’architecture internationale, Toyo Ito. Elle permet de découvrir certains des projets les plus récents du maître qui achève d’ailleurs l’hôpital Cognac-Jay à Paris. Si Ito n’affectionne pas particulièrement le monumental, ses réalisations architecturales ne jouent pas pour autant la discrétion.
L’un des gestes forts de ces dernières années se trouve à Sendaï. C’est une médiathèque qui donne très envie de reprendre ses études ! Six plateaux de 2 500 m2 sont élevés par treize colonnes nourricières, autant de tubes de circulation des personnes que de l’air, l’eau, la lumière et les sons. Le tout revêtu d’une peau de verre sensible pour réguler la lumière naturelle qui permet au bâtiment, une fois la nuit tombée, de briller.
L’ensemble aérien combine une grande fonctionnalité et une esthétique étonnante par la disposition aléatoire des tours de maintien. On est peu surpris d’appendre que la Biennale d’architecture de Venise lui a décerné un lion d’or pour l’ensemble de son œuvre en 2004.

Kengo Kuma (né en 1954)
Si Ito construit depuis quelques années en Europe, l’autre invité particulier d’Archilab, Kengo Kuma, a presque essentiellement signé ses réalisations dans l’archipel japonais. Dans l’espace du Carré Saint-Vincent, il déplie une approche plus sensible à la tradition architecturale japonaise.
Minimales sans excès d’ascétisme, les constructions de Kuma imposent une autre logique, celle du génie du lieu. Kuma réfléchit intensément le bâti en adéquation avec son environnement, allant jusqu’à travailler non seulement la forme, mais surtout le matériau de construction. Sur la côte Pacifique, c’est en verre qu’il signe un pavillon posé sur l’eau, à Tokyo, il érige une maison en fibre de verre plastifiée. C’est la Plastic-House, bijou translucide et rationnel, jouant sur les vides et les pleins grâce à un système de lamelles. On le retrouve appliqué au bois, au bambou, à l’onyx pour une étonnante façade réalisée à Osaka pour LVMH. Les structures respirent, ventilent la lumière avec beaucoup de simplicité.
On aimerait que cela donne des idées en France pour sortir de l’étrange paysage pavillonnaire qui envahit notre pays ! Archilab est donc plus que jamais hautement recommandé !

Informations pratiques • « Archilab – Faire son nid dans la ville » du 21 octobre au 23 décembre 2006. Septièmes Rencontres internationales d’architecture d’Orléans, Site des Subsistances militaires, 88, place du Colombier, Orléans (45). Ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 13 h, nocturnes les jeudis et samedis jusqu’à 20 h. Visites commentées gratuites les vendredis, samedis et dimanches à 16 h sans réservation. Tél. 02 38 53 06 16. www.archilab.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°586 du 1 décembre 2006, avec le titre suivant : Deux maîtres internationaux de l’architecture nippone

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