Mercredi 26 janvier 2022

Design

Nancy (54)

Design mi-réel mi-virtuel à Nancy

Musée des beaux-arts

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 24 novembre 2020 - 333 mots

Après « Zone de confort », en 2015, et « Le grand détournement », en 2017, la collection design du Centre national des arts plastiques s’invite à nouveau à Nancy.

Le troisième et dernier volet de ce triptyque consacré au design a été concocté sous la houlette de l’artiste Pierre Giner, as des nouvelles technologies, jeux vidéo et d’Internet. Celui-ci n’est pas un inconnu pour le Cnap, l’institution lui ayant confié une commande publique, en 2010. Giner avait alors imaginé une œuvre numérique baptisée CnapN, qu’il définit comme « un générateur d’expositions virtuelles », lequel, à l’instar d’un moteur de recherche, puise dans le fonds numérisé – la collection design, avec quelque 8 000 pièces, est réputée être l’une des plus importantes d’Europe –, afin de « les accrocher sur des cimaises virtuelles, en d’infinies combinaisons aléatoires ». Cette exposition est donc l’occasion pour Pierre Giner de décliner certaines de ses propositions, comme ce logiciel de reconnaissance textuelle qui décèle, dans un texte signé Daniel Foucard, les mots qui désignent un objet ou un meuble pour les illustrer d’une image, le tout sur l’écran géant du salon d’écoute audiovisuelle Cavea d’Olivier Vadrot. Ou cet Abécédaire qui dévoile, une à une, les pièces à partir de mots-clés comme le nom du designer ou de l’éditeur, la typologie d’objets ou le matériau. En regard de ce volet virtuel, l’artiste-commissaire a tenu à exhiber quelques meubles et objets « réels ». Au milieu d’une salle sertie de tableaux de Rubens ou du Caravage trônent ainsi le canapé et le pouf King of the Hill de Stéphane Calais. Dans une salle d’angle consacrée aux natures mortes se déploient des luminaires aux formes organiques, tel Gable (2012) de Lucas Dahlén, fait de verre fumé, bouchon de liège et câbles électriques. Afin de « montrer que les designers peuvent aussi être des artistes » (dixit Pierre Giner), un portrait de Méry Laurent d’Édouard Manet (L’Automne, 1882) a cédé sa cimaise, le temps de l’exposition, à un autoportrait sur impression numérique davantage bariolé, signé de la designer Laureline Galliot (Awkward Self-Portrait, 2016).

« Le droit des objets à (se) disposer d’eux-mêmes »,
Musée des beaux-arts, 3, place Stanislas, Nancy (54), www.musee-des-beaux-arts.nancy.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°739 du 1 décembre 2020, avec le titre suivant : Design mi-réel mi-virtuel à Nancy

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