Mardi 11 décembre 2018

De la ville aux champs

Trente artistes pour l’éternel débat \"Nature-Culture\"

Le Journal des Arts

Le 2 mai 1997 - 382 mots

Une trentaine d’artistes contemporains, de Lucio Fontana à Gary Hill, participent à l’exposition \"Città-Natura\", à Rome, qui se répartit dans cinq lieux différents. Le concept dépasse ici l’opposition classique ville-campagne ou nature-culture, en instaurant entre les œuvres un dialogue sur la civilisation urbaine et le point de vue du citadin face à l’idée de nature.

ROME. L’exposition "Città-Natura" recherche délibérément, en opposition aux réalités virtuelles et aux multiples atteintes à la nature, à les remettre en question, dans une démarche qui a pour origine la fin de la Seconde Guerre mondiale et qui s’oppose aux idéologies dominantes du type "scientifico-technique". "Nous avons essayé de choisir des artistes qui ont montré une attention particulière à cette problématique, en se référant toujours à des œuvres précises, emblématiques des différentes perspectives du thè­me", explique Chris­tov Bargagiev. L’exposition débute avec la Forma Uno (Carla Accardi) et le Spatialisme (Lucio Fontana), pour aborder ensuite le Land Art (Robert Smith­son), l’Arte povera (Mario Merz, Gio­van­ni Anselmo) et l’Art conceptuel (Law­­rence Weiner). Elle se poursuit avec les installations des années quatre-vingt (Haim Stein­bach) et les travaux vidéo les plus récents (Willie Doherty, Gillian Wearing), voire les recher­ches de type anthropologique (Mark Dion). La thématique a entraîné la répartition des œuvres dans des espaces d’exposition qui sont le reflet des divers types de rapport entre ville et nature. Dans le Palaz­zo delle Esposizioni est déployé le groupe le plus "historique" – Fontana, Smithson, Yves Klein, Piero Manzoni, Pino Pascali, Beuys, Francesco Lo Savio, Wolfgang Laib, Gary Hill – tandis qu’une section est consacrée à l’histoire de la ville moderne, du XVIIIe siè­cle à nos jours. Dans la villa Mazzanti, sur les pentes du monte Mario, est installé le second groupe, réunissant Dan Graham, Jimmie Durham, Rodney Graham, Ettore Spalletti, Stefano Arienti, Fabrio Mauri et Bruna Esposito. Les Marchés de Trajan accueillent une nouvelle œuvre de Jannis Kounellis. Enfin, le Musée municipal de zoologie présente une installation de Mark Dion qui comprend des vitrines et des objets trouvés dans les dépôts du musée, et une installation de Haim Steinbach est exposée dans le Jardin botanique.

CITTÀ-NATURA, jusqu’au 20 juin, Palazzo delle Esposizioni, via Nazionale, Rome, tél. 39 6 474 59 03, tlj 10h-21h. Autres lieux : la villa Mazzanti, les Marchés de Trajan, le Musée municipal de zoologie, le Jardin botanique.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°37 du 2 mai 1997, avec le titre suivant : De la ville aux champs

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