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La « rue Louise-Weiss » à Meymac

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 29 juillet 2008

L’installation, en avril 1997, de six galeries dans la rue Louise-Weiss, dans le treizième arrondissement de la capitale, constitue l’un des événements de la scène artistique parisienne de la fin des années quatre-vingt-dix. Le Centre d’art contemporain de Meymac vient d’en faire, maladroitement, le thème d’une exposition.

MEYMAC - Musées et institutions invitent parfois une galerie à présenter le travail des artistes qu’elle défend. Mais la manifestation qui en résulte répond généralement aux critères admis par le monde professionnel pour l’exposition de l’art contemporain. À Meymac, “Rue Louise Weiss” ne ressemble en rien à une exposition de centre d’art, mais plutôt à une juxtaposition d’accrochages qui font davantage penser à une foire. Les organisateurs ont tenu à reconstituer des pseudo-vitrines mal assemblées, fermant chaque espace comme autant de ghettos. Les “stands” des galeries Art :Concept, Jennifer Flay, Praz-Delavallade et Almine Rech réunissent entre cinq et sept de leurs artistes, dans des accrochages de groupes classiques, mais aussi dans des espaces qui restent restreints. La Galerie Air de Paris dispose d’une surface plus grande, sur deux niveaux. Quant à Emmanuel Perrotin, il semble être l’un des seuls à avoir véritablement compris où il se trouvait, en proposant à deux de ses artistes, Lilian Bourgeat et Adrian Qezari, de réaliser des créations in situ. Le tout est accompagné de quelques installations dans les parties communes, à l’exemple du bar de Stéphane Magnin ou de la pièce créée dans la cage d’escalier par Felice Varini. Les “galeries du 13e” méritait beaucoup mieux.

Aussi, les enjeux de cette exposition se situent-ils manifestement au-delà de la question purement artistique, bien mal servie. Jacques Toubon, maire RPR du 13e arrondissement, l’aura lui-même compris en venant, le jour du vernissage, dans ce chef-lieu de canton dont Jacques Chirac fut longtemps conseiller général. La directrice du lieu, Caroline Bissière – elle dirige également à Montparnasse l’Espace d’art contemporain financé par la mairie de Paris – entendait présenter l’avant-garde parisienne aux Corréziens. Peut-être aurait-elle été mieux inspirée de louer plusieurs cars pour emmener tout ce petit monde rue Louise-Weiss, la vraie. Une solution plus efficace et moins onéreuse.

RUE LOUISE WEISS

Jusqu’au 20 juin, Abbaye Saint-André, Centre d’art contemporain, 19250 Meymac, tél. 05 55 95 23 30, tlj sauf mardi 14h-18h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°80 du 2 avril 1999, avec le titre suivant : Copier/coller

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