Mercredi 21 février 2018

Cité de l’architecture et du patrimoine. Jusqu’au 2 mai 2010

Claude Parent, anthologie de l’oblique

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 26 janvier 2010

Claude Parent, quatre-vingt-six ans, est aujourd’hui un architecte à la mode. Coqueluche des étudiants et de toute une génération de professionnels, il est aussi le « père spirituel » de Jean Nouvel, formé dans son agence, qui lui rend ici hommage en ayant conçu la scénographie de cette exposition.

Pourquoi un tel engouement pour cet architecte volontiers polémiste, qui reste peu connu du grand public ? C’est ce que propose de comprendre cette exposition présentant une soixantaine de projets et de très nombreux documents graphiques.
 
Parent débute sa carrière en 1956, à une époque où l’architecture est entrée dans une phase industrielle pour tenter de palier la crise du logement de l’après-guerre. Après un bref passage dans l’atelier de Le Corbusier – où il travaille sur une unité d’habitation –, Parent privilégie une voie plus utopiste, au contact d’artistes comme Yves Klein ou Nicolas Schöffer, mais aussi d’André Bloc, animateur de la revue d’avant-garde L’Architecture d’aujourd’hui.
 
La collaboration avec l’urbaniste Paul Virilio lui permet de définir le concept de « fonction oblique » (1964) qui fera sa notoriété. Soit une remise en question de la planéité horizontale de l’architecture, au profit de plans inclinés, réinventant ainsi l’espace et la forme des bâtiments. C’est ce qui fait encore aujourd’hui la renommée de l’architecte : avec trente ans d’avance, il a ainsi anticipé la liberté de « déconstruire » la forme offerte par l’informatique. Cette époque est aussi marquée par la construction de plusieurs bâtiments devenus des icônes. Ainsi de la maison Drusch, à Versailles (1963), avec son sol oblique, de l’église Sainte-Bernadette-du-Banlay à Nevers (1968) ou encore du pavillon de l’Iran à la Cité universitaire (1968).
 
Après la fermeture de son agence, viendra le temps du pragmatisme, période au cours de laquelle l’architecte fait le grand écart, construisant centres commerciaux et centrales nucléaires (sites de Cattenom et de Chooz), non sans susciter la polémique. C’est donc à un architecte protéiforme que rend hommage cette exposition monographique, qui est aussi une première. C’était bien le moins, pour celui qui a accepté les honneurs de l’Académie des beaux-arts en 2005.

Voir

« Claude Parent, l’œuvre construite, l’œuvre graphique », Cité de l’architecture et du patrimoine, 1, place du Trocadéro et du 11-Novembre, Paris XVIe, www.citechaillot.fr, jusqu’au 2 mai 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°621 du 1 février 2010, avec le titre suivant : Claude Parent, anthologie de l’oblique

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