Dimanche 23 février 2020

Avignon (84)

Chéreau en scène

Collection Lambert, Musée d’art contemporain Jusqu’au 11 octobre 2015

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 26 août 2015 - 310 mots

L’impression est étrange de ne pas avoir visité une seule mais plusieurs expositions. Passé les trois premières salles documentaires sur les années de « formation » du réalisateur et metteur en scène, l’exposition « Patrice Chéreau, un musée imaginaire » déroule son enfilade de salles autonomes, dont chacune développe un thème cher à Chéreau : Wagner, Shakespeare, Peer Gynt, Koltès et Genet, etc.

L’ensemble forme moins un portrait qu’un hommage à l’homme de théâtre et de cinéma décédé en 2013, ses inspirations réelles, supposées ou rêvées, à l’art et aux artistes. Déroulant le fil conducteur des décors de Richard Peduzzi, le visiteur croise au gré du parcours Sugimoto, Basquiat, Legray, Ingres, Delacroix, Richter, Nan Goldin, Chassériau, etc., au milieu d’autres noms moins connus – qui se souvient de ce merveilleux peintre norvégien : Peder Balke ? Les rapprochements sont audacieux, puissants même. Ainsi la salle dédiée à la tétralogie de Wagner qui met face à face un extrait des quatre opéras signés Chéreau et Boulez en 1976 et deux Anselm Kiefer (une sculpture et un tableau). Tout autour sont suspendus Les Filles du Rhin de Fantin-Latour (1888), Marche des pèlerins de Tannhäuser d’Hodiener (avant 1940) et une série du photographe Antoine Wagner (Saentis, 2013), descendant du compositeur qui a entrepris de refaire la route de l’exil de son aïeul en Suisse. Ailleurs, ce sont d’autres dialogues qui se nouent, comme entre les tons rosés des toiles de Twombly et les « chaires » cireuses de Berlinde de Bruyckere. Les deux salles les plus poignantes sont consacrées au film Lucie Aubrac de Berri (dans lequel Chéreau incarne Jean Moulin) et à La Reine Margot de Chéreau. Le Portrait d’Hitler en enfer de Grosz à côté des morts qui hantent Zoran Music signe avec émotion le grand retour sur la scène, après deux ans de travaux de rénovation et d’extension, de la Collection Lambert en Avignon.

« Patrice Chéreau, un musée imaginaire »

Collection Lambert, 5, rue Violette, Avignon (84), www.collectionlambert.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°682 du 1 septembre 2015, avec le titre suivant : Chéreau en scène

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